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Nouvelle campagne pour convaincre Obama de gracier Snowden

Une vaste campagne pour pousser le président américain Barack Obama à accorder sa grâce à Edward Snowden a été lancée mercredi par plusieurs associations de défense des libertés.

Au coeur de cette nouvelle campagne : une pétition en ligne sur pardonsnowden.org, déjà signée par plusieurs personnalités comme le cofondateur d'Apple Steven Wozniak, le cinéaste Michael Moore et l'intellectuel de gauche Noam Chomsky.

Même l'ex-candidat à l'investiture démocrate Bernie Sanders a réclamé dans un tweet mercredi soir une « forme de clémence » pour Snowden.

Les instigateurs de cette pétition soutiennent qu'Edward Snowden, un ex-consultant de la très secrète agence de renseignements NSA, a agi en héros en révélant l'ampleur des programmes de surveillance du gouvernement américain grâce à des milliers de documents confidentiels fournis à des reporters.

Ils comptent sur le fait que « le président réfléchit à sa marque dans l'histoire » et peut « prendre des décisions difficiles » dans la mesure où il ne lui reste plus que quelques mois à diriger les États-Unis.

La campagne est soutenue par l'American Civil Liberties Union (ACLU), Human Rights Watch et Amnistie internationale.

L'administration refuse de broncher

La Maison-Blanche a néanmoins réaffirmé sa position, mercredi, selon laquelle Edward Snowden devrait rentrer au pays pour être jugé.

« Son attitude a mis des vies américaines en danger. Il devrait rentrer aux États-Unis pour répondre des très graves poursuites dont il fait l'objet », a déclaré Josh Earnest, porte-parole de l'exécutif - des propos similaires à ceux qu'il avait tenus en début de semaine.

Réfugié en Russie depuis 2013, Edward Snowden risque 30 ans de prison s'il revient chez lui.

Ces lanceurs d'alerte, traîtres ou héros?

Quant au principal intéressé, qui a participé au lancement de la campagne par vidéoconférence lors d'un événement de presse tenu à New York, il a remercié ses partisans et a affirmé que, pour le bien de la démocratie, les futurs dénonciateurs ne devraient pas être réduits au silence.

M. Snowden a déclaré que, si les pères fondateurs des États-Unis avaient créé des garde-fous pour empêcher le gouvernement d'abuser de ses pouvoirs, les dénonciateurs, qui agissent dans l'intérêt du public et en courant souvent des risques sérieux, constituent un autre rempart contre ces abus de pouvoir, plus particulièrement grâce à leur collaboration avec les journalistes.

L'homme de 33 ans a ajouté que la dénonciation était le dernier recours de la démocratie, celui sur lequel le peuple doit compter lorsque les autres systèmes ont échoué et qu'il n'a aucune idée de ce qui se passe derrière les portes closes.

Il regrette, en outre, ne pas pouvoir bénéficier aux États-Unis d'un procès juste et équitable.

« Il y a des lois qui disent certaines choses, mais c'est peut-être la raison pour laquelle il existe le pardon, pour les exceptions, pour les choses qui semblent illégales à la lecture, mais qui, si on les regarde d'un point de vue moral, éthique [...] apparaissent comme nécessaires, vitales », avait-il aussi plaidé dans une vidéo diffusée mardi par le quotidien britannique The Guardian.

Le lancement de cette campagne coïncide avec la sortie sur les écrans du film Snowden d'Oliver Stone.

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