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Nouvelle vague de réfugiés rohingyas aux portes du Bangladesh

Alors que le cessez-le-feu unilatéral des rebelles rohingyas arrive à échéance au Myanmar, 11 000 réfugiés de plus sont arrivés lundi au Bangladesh, débordant les autorités du pays qui accueille déjà plus de 515 000 Rohingyas, rapporte le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

Selon Adrian Edwards, le Haut Commissariat s’est mobilisé avec le gouvernement bangladais pour créer à la frontière un centre de transit pour répondre à cet afflux important de réfugiés dans les jours qui viennent.

La semaine dernière, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) rapportait qu’au moins 100 000 réfugiés rohingyas s’entassaient dans la ville birmane de Buthidaung, dans le nord de l’État de Rakhine, dans l’attente de pouvoir gagner la frontière bangladaise à pied.

Ces dernières semaines, environ 2000 musulmans rohingyas franchissaient la frontière chaque jour en moyenne.

L’augmentation de ce nombre à 11 000, lundi, laisse craindre une intensification importante de l’exode de cette minorité apatride chassée du Myanmar par une violente répression militaire depuis le 25 août, à la suite d’une série d’attaques des rebelles rohingyas et de villageois armés de bâtons et de machettes contre des postes de police.

En représailles, l'armée a lancé une vaste campagne de répression dans le nord de l'État d'Arakan, dans l'ouest de la Birmanie.

Accusé par les Nations unies et de nombreux pays de mener une politique d’épuration ethnique au profit de la majorité bouddhiste du pays, le gouvernement birman rejette ces accusations, affirmant mener une offensive contre le terrorisme.

Fin de la trêve de l'ARSA

Pendant ce temps, le cessez-le-feu d’un mois décrété unilatéralement le 10 septembre par les rebelles de l’Armée du salut des Rohingyas de l'Arakan (ARSA) est arrivé mardi à échéance.

Aucune reprise des combats ni aucun attentat n’a été rapporté par l’armée birmane jusqu’ici.

Les rebelles avaient décrété cette trêve pour permettre l’acheminement d’aide humanitaire aux populations rohingyas de l’État de Rakhine, jetés sur les routes par dizaines de milliers depuis bientôt deux mois. Or, le bouclage systématique de la zone par l’armée birmane a rendu très difficile l’accès aux populations touchées pour l’ONU et les différentes ONG qui travaillent dans la région.

Politique de la terre brûlée

Selon de nombreux témoignages rapportés par l’ONU et les ONG présentes à la frontière bangladaise, l’armée birmane mènerait une politique de la terre brûlée en détruisant systématiquement tous les villages, les récoltes et les infrastructures rohingyas afin de couper tout support logistique, matériel ou humain à l’ARSA.

Plus de 400 villages auraient été incendiés dans le nord de l’État de Rakhine.

Les populations civiles, harcelées et victimes de diverses exactions, sont jetées sur les routes, où elles tentent de trouver la sécurité en rejoignant le Bangladesh à pied. Plusieurs réfugiés grièvement blessés par des mines antipersonnel ont raconté que l’armée birmane a miné la frontière pour empêcher les Rohingyas de revenir dans le pays.

Les insurgés de l’ARSA ont fait savoir samedi qu'ils étaient disposés à répondre à tout geste d'apaisement de la part du gouvernement birman, tout en renouvelant leurs revendications pour faire reconnaître les droits des Rohingyas à qui le gouvernement birman refuse toute reconnaissance de citoyenneté.

17 anciens rapporteurs de l'ONU exigent la fin des persécutions

Mardi, un collectif d'anciens rapporteurs spéciaux des Nations unies a lancé un appel pour que cessent la persécution et les mauvais traitements dont les Rohingyas sont la cible au Myanmar.

Dans un communiqué, les 17 ex-rapporteurs de l’ONU écrivent : « Nous appelons conjointement le gouvernement du Myanmar et plus particulièrement Mme Aung San Suu Kyi, lauréate du prix Nobel de la paix, à mettre fin au génocide et au nettoyage ethnique. »

« Parmi ces civils, les femmes et les enfants constituent la grande majorité des personnes affectées par ce conflit », écrivent les anciens rapporteurs de l’ONU.

Rappelant que le Myanmar abrite de nombreuses minorités ethniques établies depuis des siècles sur son territoire, le collectif demande au gouvernement birman pourquoi il refuse toute forme de nationalité aux musulmans rohingyas tout en l’enjoignant à permettre le retour des milliers de réfugiés dans la sécurité et la dignité.

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