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Nouvelles discussions de paix sur la Syrie à Genève

Bien que peu d'espoir subsiste de trouver une issue au conflit qui ravage la Syrie depuis maintenant six ans, une septième ronde de négociations de paix, sous l'égide de l'ONU, s'est amorcée entre le régime syrien et l'opposition, lundi à Genève.

« Nous allons travailler très durement », a indiqué l'envoyé spécial de l'ONU en charge du dossier syrien, Staffan de Mistura. Ce dernier s'évertue depuis des années à trouver une solution à la crise syrienne.

Cette nouvelle tentative, qui devrait s’étirer jusqu’au 14 juillet prochain, s’est amorcée par une rencontre entre M. de Mistura et la délégation du gouvernement syrien.

Les États-Unis, la Russie et la Jordanie ont jeté les bases d’une négociation de paix en réussissant à mettre en place un cessez-le-feu partiel dans le sud de la Syrie. La trêve est entrée en vigueur dimanche dans trois provinces du sud du pays : Deraa, Qouneitra et Soueida.

L'adjoint de M. de Mistura, Ramzi Ezzedine Ramzi, estime que cet accord aidait « à créer une atmosphère favorable aux discussions » de Genève. « Nous espérons qu'un accord sera conclu dès que possible pour les autres zones qui ont fait l'objet de discussions et que cela pourra représenter un soutien significatif au processus politique », a-t-il ajouté.

Les discussions de Genève seront axées sur les quatre points suivants :

  • La rédaction d’une nouvelle constitution;
  • La gouvernance;
  • La tenue d’élections;
  • La lutte contre le terrorisme.

La dernière ronde de négociations s’est achevée en mai dernier sans grand résultat, M. de Mistura expliquait alors que « d’importants différends » persistaient sur des « questions majeures ». L’opposition syrienne posant notamment comme condition le départ du président Bachar Al-Assad, une prémisse irrecevable pour le régime en place.

Soutien clé de l’opposition syrienne par le passé, les États-Unis se sont toutefois désengagés du processus de paix depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche. Ils semblent désormais vouloir se réengager, du moins partiellement, avec cette récente implication dans l’accord de trêve dans le sud du pays.

Le secrétaire d'État américain Rex Tillerson a déclaré récemment que Washington et Moscou avaient évoqué « d'autres régions de Syrie » pour lesquelles les deux pays pourraient « continuer à collaborer ». Ils vont « travailler ensemble en faveur d'un processus politique qui garantira l'avenir du peuple syrien », a-t-il ajouté.

Les pourparlers de Genève ont débuté en 2014, et ils se sont poursuivis depuis de façon intermittente avec de bien minces résultats. Ces négociations sont toutefois de plus en plus éclipsées par des pourparlers qui se déroulent à Astana, au Kazakhstan, sous la tutelle de la Russie et de l’Iran, alliés de Damas, de même que de la Turquie, qui appuie la rébellion.

Un nouveau pôle de discussion

Le triumvirat pilotant ces négociations de paix parallèles a mis en place quatre zones de « désescalade » en prévision d’un cessez-le-feu durable. Les discussions ont toutefois échoué sur des questions de détail dans l’application du plan de paix.

L’Iran milite notamment pour que le cessez-le-feu intervenu dans le sud-ouest du pays soit étendu à l’ensemble du pays. « L'accord peut être productif s'il est élargi à la totalité de la Syrie et comprend toutes les zones dont nous avons discuté lors des pourparlers d'Astana pour apaiser les tensions », a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Bahram Kassemi, selon l'agence de presse Tasnim.

« L'Iran recherche la souveraineté et la sécurité de la Syrie. Aussi un cessez-le-feu ne peut-il être limité à une zone particulière. [...] Aucun accord ne tiendra sans prendre en compte les réalités sur le terrain », a-t-il ajouté.

Le conflit syrien a fait plus de 320 000 morts depuis le début des hostilités en 2011 en plus d’avoir jeté plus de la moitié de la population syrienne sur la route de l’exil.

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