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Nouvelles explosions meurtrières dans le centre de Kaboul

Plusieurs explosions ont fait au moins 19 morts samedi à Kaboul pendant l'enterrement d'une personne tuée la veille lors d'affrontements entre les forces de l'ordre et des manifestants.

D'après l'hôpital d'urgence, un établissement sous direction italienne, le bilan est de 19 morts et de 16 blessés. Le ministère de l'Intérieur parle de six morts et de 87 blessés.

Le chef du gouvernement, Abdullah Abdullah, était présent à l'enterrement, celui du fils du vice-président du Sénat, mais n'a pas été blessé, disent ses services.

Une première explosion a retenti au moment où le mollah appelait à la prière, a rapporté un témoin. Les gens se sont enfuis et une seconde déflagration s'est produite.

Personne n'a revendiqué dans l'immédiat la responsabilité de ces explosions, qui sont survenues dans un climat très tendu.

Les rues du centre de Kaboul ont en effet été fermées samedi sur ordre des autorités, soucieuses d'éviter de nouvelles manifestations contre l'impuissance du gouvernement du président Ashraf Ghani à assurer la sécurité de la capitale afghane.

Le samedi est un jour de semaine ordinaire en Afghanistan, mais plusieurs quartiers de la capitale ont été bouclés, avec mise en place de barrages de sécurité et patrouilles de véhicules blindés dans les rues.

Cinq personnes ont trouvé la mort vendredi lors d'affrontements entre les forces de l'ordre et des manifestants, qui s'étaient rassemblés à la suite du carnage de mercredi, quand un attentat au camion piégé a fait plus de 90 morts et 460 blessés.

Les policiers ont tiré en l'air pour disperser la foule.

Victimes civiles

Ces heurts entre protestataires et forces de l'ordre ont fait aussi 23 blessés et ont conduit l'envoyé spécial des Nations unies en Afghanistan à lancer un appel au calme.

Les manifestants, qui s'étaient massés près du site de l'explosion, ont dénoncé la responsabilité du président Ghani et de son chef du gouvernement, Abdullah Abdullah.

« Ghani! Abdullah! Démission! Démission! » proclamait une banderole sur laquelle avaient été apposées les images d'enfants ensanglantés.

Ces troubles ont accentué la pression sur le gouvernement du président Ghani, accusé d'être incapable d'assurer la sécurité dans Kaboul.

Le chef de l'État a indirectement répondu en disant sur Twitter que « le pays est attaqué » et que c'était le moment d'être « forts et unis ».

Le vice-ministre de l'Intérieur, Murad Ali Murad, a annoncé qu'une enquête judiciaire serait menée sur les violences imputées à des policiers, mais aussi à des manifestants, dont certains étaient, semble-t-il, armés, a-t-il dit.

L'attentat au camion piégé de mercredi est l'un des plus meurtriers qu'ait subi la capitale afghane depuis l'intervention militaire américaine et le renversement du régime des talibans, fin 2001.

Mais, son bilan mis à part, il s'inscrit dans une longue liste d'attaques dont les civils ont payé le prix fort.

L'année dernière, près de 3500 civils ont été tués dans ces violences, faisant de 2016 l'année la plus meurtrière pour la population afghane. Au cours du premier trimestre de cette année, le bilan est d'au moins 715 civils tués.

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