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Obama déterminé à fermer Guantanamo malgré le refus obstiné des républicains

Dans une déclaration faite depuis la Maison-Blanche, le président américain Barack Obama a présenté mardi les grandes lignes de son nouveau plan visant à fermer la prison militaire de Guantanamo, à Cuba, un objectif qu'il a toujours défendu, mais sans jamais y parvenir. Le Congrès, dominé par les républicains, ne veut cependant rien entendre.

Le plan du président propose essentiellement que les prisonniers toujours incarcérés à Guantanamo soient transférés en sol américain, ce qu'interdit une loi votée par le Congrès en 2011.

À l'heure actuelle, la prison militaire abrite 91 prisonniers, mais 35 doivent être transférés vers des pays tiers. Moins de 60 prisonniers sont donc concernés par cette approche, dont 10 ont déjà été accusés ou condamnés par la justice militaire américaine. 

Le président demande la collaboration du Congrès pour tourner la page sur ce « chapitre » controversé de l'histoire américaine, et éviter de laisser la gestion de ce problème au prochain président, qui entrera en fonction en janvier 2017.

Le président a également répété que la prison de Guantanamo est devenue un outil de propagande et de recrutement pour d'autres organisations djihadistes du monde, et que son maintien coûte cher aux contribuables américains.

Selon son administration, les opérations à Guantanamo Bay ont coûté 445 millions de dollars au Trésor américain l'an dernier. Incarcérer les détenus aux États-Unis permettrait d'économiser jusqu'à 85 millions par année.

Fermer la prison et transférer les prisonniers en sol américain coûterait cependant de 290 à 475 millions.

Barack Obama a par ailleurs soutenu que les tribunaux fédéraux américains sont parfaitement capables de gérer les procès de terroristes, comme cela a été le cas pour les auteurs de l'attentat du marathon de Boston, par exemple, et qu'il n'y a aucun problème à les incarcérer dans des prisons à sécurité maximale.

« Nous gérons cela très bien », a-t-il plaidé à l'intention des Américains qui peuvent être effrayés, a-t-il reconnu, à l'idée que ces hommes considérés dangereux soient emprisonnés aux États-Unis.

Le Pentagone a présenté les détails de ce plan de fermeture au Congrès mardi. Selon plusieurs médias, sept prisons et six bases militaires en sol américain sont envisagées pour accueillir des prisonniers de Guantanamo.

Sans surprise, le plan du président ne plaît guère au Congrès, qui est dominé par les républicains.

« Il est contraire à la loi - et restera contraire à la loi - de transférer des détenus terroristes en sol américain », a notamment déclaré le président de la Chambre des représentants, Paul Ryan.

Le leader de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, abonde dans le même sens. Le plan du président, a-t-il écrit sur Twitter, est « mauvais et illégal ».

Deux des candidats à l'investiture républicaine en vue de la prochaine élection présidentielle, Marco Rubio et John Kasich, ont aussi annoncé qu'ils s'opposaient au plan. 

La fermeture de la controversée base en sol cubain était un engagement électoral de Barack Obama. Il avait d'ailleurs signé un décret à ce sujet au lendemain de son assermentation comme président, en janvier 2009.

La prison de Guantanamo a été ouverte il y a 14 ans sous l'administration du républicain George W. Bush, à la suite des attentats meurtriers du 11 septembre 2001. Quelque 760 prisonniers y ont été détenus à un moment ou un autre.

Plus de 500 d'entre eux ont été transférés vers d'autres pays sous l'administration Bush, et 147 autres l'ont été depuis l'entrée en fonction de Barack Obama, dont le Canadien Omar Khadr. 

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