La politique extérieure du président Barack Obama aura été marquée par le retour en force de la diplomatie à la Maison-Blanche pour redonner aux États-Unis une certaine crédibilité à l'étranger, après huit ans d'unilatéralisme sous George W. Bush. Résumé en 10 points de son legs en matière de relations internationales.

Le rapprochement avec Cuba et la détente des relations avec le régime théocratique iranien figure parmi ses plus grandes réalisations. Toutefois, Obama aura échoué à sortir définitivement les troupes américaines de l’Irak et de l’Afghanistan. À son départ de la Maison-Blanche, plus de 10 000 soldats américains seront encore en mission dans ces deux pays. De plus, celui qui a remporté le prix Nobel de la paix en 2009 aura aussi été le président qui a ordonné le plus d’assassinats sélectifs de présumés terroristes à l’aide de drones.

1. La fin des sévices envers les « combattants illégaux »

Barack Obama a signé un décret mettant fin à la torture pratiquée sous le président Bush, comme l’a démontré un rapport du Sénat rendu public en décembre 2014. Ce rapport a révélé que les châtiments corporels n’ont jamais permis aux Américains de soutirer des informations valables.

2. Démonter le mythe de la « guerre des religions »

Le président Obama a rapidement voulu tendre la main au monde musulman en prononçant un discours au Caire, en Égypte, le 4 juin 2009. Il voulait faire comprendre au monde entier que les États-Unis ne sont pas en guerre contre l’islam, mais bien contre le terrorisme.

3. Vider la prison de Guantanamo

Le camp de détention américain, installé en territoire cubain, a terni la réputation des États-Unis à l’étranger. Barack Obama a promis de fermer Guantanamo, où plus de 700 présumés terroristes ont été détenus (la plupart sans procès), mais une cinquantaine d'entre eux s'y trouvent toujours. Le Congrès a toujours refusé au président le financement nécessaire à une fermeture définitive.

4. Un ultimatum sans suite à Damas

En 2011, Barack Obama menaçait déjà la Syrie d’une intervention armée si Bachar Al-Assad utilisait des armes chimiques contre sa population. Le chef de l’État syrien l'a pourtant fait, sans que le président américain ose mettre sa menace à exécution. En voulant éviter une autre intervention américaine au Proche-Orient, les États-Unis ont-ils permis le carnage et la crise humanitaire qui a suivi en Syrie?

5. Tourner la page sur l'invasion irakienne de 2003

Comme il l'a promis durant sa campagne, Obama a retiré les troupes américaines d'Irak en 2011, huit ans après l'offensive qui a entraîné la chute du dictateur Saddam Hussein. Mais ce retrait mal planifié a laissé un vide et provoqué le chaos en Irak, ce qui a mis la table à la montée du groupe armé État islamique. Ces terroristes se sont approprié de larges territoires en Irak et en Syrie. Les Américains ont dû renvoyer 5000 hommes, des forces spéciales surtout, pour aider les Irakiens à combattre l'EI.

6. Une transition qui s'éternise aussi à Kaboul

Le président Obama visait un retrait complet de l’armée américaine d’Afghanistan pour 2016, 15 ans après le début de l'intervention de la Force internationale d'assistance et de sécurité dans ce pays, en 2001. Le chef de la Maison-Blanche a toutefois dû se résigner à annoncer que 5500 militaires resteront en Afghanistan au-delà de 2017, l'armée locale n’étant toujours pas prête à assurer la sécurité du pays.

7. La mort de « l'ennemi public n°1 »

En mai 2011, Barack Obama a pris le monde entier par surprise en annonçant que les Américains venaient de tuer le terroriste le plus recherché du monde, Oussama ben Laden. Une opération spectaculaire des forces spéciales américaines au Pakistan a permis son élimination. Le président aurait pris une décision audacieuse basée sur des renseignements qui n’étaient fiables qu’à 50 %.

8. Priver Téhéran de l'arme atomique

Les négociations avec l’Iran pour limiter sa capacité à développer l’arme nucléaire ont représenté un autre pari risqué pour Barack Obama. En juillet 2015, l’Iran a pourtant accepté de diminuer des deux tiers ses centrifugeuses, de réduire son stock d’uranium, de permettre les inspections internationales et de soumettre toutes ces mines d’uranium à une supervision durant 25 ans. En échange, les sanctions de la communauté internationale contre l’Iran ont été levées. Cet accord iranien a été négocié par les États-Unis, la Russie, la Chine, la France et l’Allemagne.

9. Une réconciliation étonnante avec le régime castriste

Barack Obama a aussi tendu la main à un autre vieil ennemi : Cuba. Le président a rétabli les relations diplomatiques avec l’île des frères Castro. Il est devenu en mars dernier le premier président américain à visiter Cuba en près de 100 ans. Mais l’embargo économique contre Cuba, en vigueur depuis 1961, demeure. Seul le Congrès pourrait le lever.

10. Un Nobel mérité?

À peine élu président, Barack Obama a remporté le prix Nobel de la paix. C'était en 2009. Ses promesses concernant le désarmement nucléaire et sa politique de la main tendue au monde musulman ont joué en sa faveur. Mais, dans un livre publié récemment, le directeur de l’institut Nobel affirmait qu’à la lumière de sa présidence, cela a été une erreur de lui attribuer ce prix.

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