Après avoir effectué une visite historique à Cuba, Barack Obama entame mercredi une visite officielle de deux jours en Argentine. Sitôt arrivé au palais présidentiel de la Casa Rosada, le président américain - entouré de  750 personnes, parmi eux des gens du milieu des affaires et des officiels - s'est assis avec son homologue élu en novembre dernier, Mauricio Macri.

Les espoirs entourant ces entretiens sont grands. Du côté américain, il s'agit de relancer les relations entre les deux pays au point de leur faire faire « un virage à 180 degrés », comme le titrait El Clarin, l'un des principaux tirages de la presse argentine. Du côté argentin, la venue de Barack Obama s'inscrit dans la volonté du nouveau président Macri d'attirer des investissements étrangers de plus de 20 milliards de dollars, cette année seulement.

On s'attend à ce que les deux hommes signent des accords bilatéraux en matière de sécurité, de lutte contre le blanchiment d'argent, de commerce et d'investissements.

Des relations malmenées

Buenos Aires n'avait pas officiellement accueilli de président américain depuis 1997, avec la venue de Bill Clinton. Par la suite, les relations entre les deux pays s'étaient détériorées sous les présidences successives de Nestor Kirchner et de son épouse Cristina Fernandez de Kirchner. Ces péronistes de centre gauche, méfiants envers Washington, s'étaient plutôt alignés sur leurs voisins latino-américains tels que le Venezuela, l'Équateur et la Bolivie, des pays animés d'un fort sentiment anti-capitaliste. 

Les liens entre Washington et Buenos Aires sont devenus tellement tendus qu'à un moment, la présidente Fernandez de Kirchner avait même laissé entendre que des plans étaient échafaudés en vue de l'assassiner. « Si quelque chose devait m'arriver, avait-elle dit, ne regardez pas vers l'est mais vers le nord ».

D'après le quotidien économique argentin El Cronista, pendant ces douze années de tension, le commerce bilatéral entre l'Argentine et les États-Unis a chuté à son plus bas niveau en 80 ans. Dans un entretien accordé récemment à CNN, Barack Obama avait critiqué « les politiques anti-nord-américaines » des prédécesseurs de Macri.

Une ère révolue?

Mais désormais le ton a changé. Lors d'une conférence de presse donnée conjointement par les deux présidents, mercredi après-midi, le président Obama s'est dit impressionné par la rapidité avec laquelle son homologue argentin était parvenu à accomplir les réformes qu'il avait promises pour « créer une économie plus durable et plus inclusive, pour reconnecter l'Argentine avec l'économie globale et la communauté internationale ».

De fait, au cours de ses cent premiers jours au pouvoir, le président argentin, ancien président du club de football de Boca Juniors et ex-maire de Buenos Aires, a levé le contrôle des capitaux et les barrières commerciales tout en sabrant les subventions publiques. De plus, Mauricio Macri est parvenu à s'entendre avec des créanciers sur la dette souveraine du pays, mettant ainsi fin à un contentieux vieux de 14 ans.

Résultat : les agences de notation ont relevé aussitôt la note de l'Argentine.

Une visite non exempte de polémique

Il n'empêche que les défis qui se posent au président Macri sont de taille, le pays faisant face à un taux d'inflation de plus de 30 %. En outre, Mauricio Macri n'a été élu qu'avec 51 % du vote, ce qui signifie que l'électorat argentin demeure profondément divisé entre ceux qui prônent une approche plus centriste et ceux qui préconisent une approche plus à gauche semblable à celle, très confrontante, du Venezuela au temps d'Hugo Chavez.

D'ailleurs, l'animosité à l'encontre des États-Unis reste vive en Argentine. Et la polémique entoure la visite officielle de Barack Obama qui survient au jour même où le pays commémore l'arrivée d'une sanglante dictature, il y a 40 ans.

Pour la première fois, jeudi, un président américain rendra hommage aux milliers de morts et de disparus qu'a faits cette dictature. Barack Obama se rendra en effet au Parc de la Mémoire, un geste réclamé par le président Macri et par les Mères et les Grands-Mères de la Place de Mai, symboles de la lutte contre la dictature.

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