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Oeufs contaminés aux pesticides : deux dirigeants d'une entreprise néerlandaise arrêtés

Deux dirigeants d'une entreprise d'élevage agricole des Pays-Bas ont été arrêtés relativement au scandale des œufs contaminés, qui touche maintenant 10 pays européens.

Des enquêtes sont en cours aux Pays-Bas et en Belgique pour trouver l’origine de la contamination de millions d’œufs par l’insecticide fipronil.

Jeudi, les autorités ont procédé à de nombreuses perquisitions et ont arrêté deux dirigeants de l’entreprise qui a « probablement appliqué le produit dans les élevages agricoles ».

Les policiers n'ont pas voulu donner de noms, mais selon les médias européens, il s’agirait de la compagnie néerlandaise ChickFriend.

En Belgique, 26 personnes et entreprises sont aussi ciblées par les enquêteurs. Le parquet précise qu’il prend la chose très au sérieux.

Les autorités sanitaires d’Europe ont aussi bloqué quelque 160 élevages aux Pays-Bas et fermé 50 exploitations. Selon l'association d'agriculteurs ZLTO, cela veut dire des pertes d’au moins 150 millions d’euros (environ 224 millions de dollars canadiens).

Ce que l’on sait

C’est le 20 juillet dernier que la Belgique a alerté l’Union européenne, après avoir été prévenue par un exploitant quelques semaines plus tôt de la présence de fipronil dans des œufs.

Selon les médias, l’entreprise responsable, ChickFriend, aurait acheté son désinfectant à la société belge Poultry-Vision.

Les autorités auraient saisi près de 6000 litres de « produits interdits » chez Poultry-Vision et entendu le dirigeant de l’entreprise en juillet.

Il s’agirait de fipronil, un antiparasite « modérément toxique » pour l’homme, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), et dangereux pour les reins, le foie et la thyroïde s'il est absorbé en grande quantité. Son utilisation est d’ailleurs interdite par l’Union européenne dans l’élevage d’animaux destinés à la chaîne alimentaire.

L'Union européenne précise toutefois que le consommateur ne risque rien s'il en consomme moins de 0,009 mg/kg pendant un repas, ou tout au long d'une journée.

Pour une personne pesant 60 kilos, cela correspond à environ huit oeufs comportant la plus forte concentration du produit.

Dix pays touchés

Depuis le début du scandale en juillet, dix pays d’Europe ont signalé la présence d’œufs contaminés au fipronil, dont la Suède, la Suisse, la France et la Grande-Bretagne.

Dans plusieurs pays, les épiciers ont vidé leurs rayons de plusieurs millions d’œufs.

Au Danemark, on a vendu 20 tonnes d’œufs contaminés, selon des informations dévoilées par l’Autorité alimentaire et vétérinaire jeudi. Des œufs qui ont été vendus notamment à des cafétérias, des cafés et des traiteurs.

En Roumanie, on a découvert une tonne de jaunes d’œufs liquides suspects, alors que l’Autriche a rappelé des lots destinés à des restaurants.

L’Allemagne quant à elle estime qu’au moins 3 millions d’œufs contaminés lui ont été livrés des Pays-Bas. En France, cinq entreprises ont elles aussi reçu des lots contaminés.

En Grande-Bretagne, où l'on se disait relativement épargné jusqu'ici, on a fait savoir jeudi que 700 000 oeufs contaminés avaient été importés pour les transformer en produits alimentaires.

Les Pays-Bas alertés depuis novembre?

Dans cette affaire, la Belgique prétend que les Pays-Bas avaient été mis au courant de la présence de fipronil dans ses élevages en novembre 2016. Elle accuse le pays d’avoir trop pris à la légère un tuyau anonyme.

Alors que les Pays-Bas démentent ces accusations, la France croit que la coopération aurait pu mieux se faire. Le ministre français de l’Agriculture a précisé qu’à l’avenir il faudrait « des échanges beaucoup plus fructueux et beaucoup plus rapides, notamment lorsqu’il y a des cas de contamination avérés ».

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