Le président chinois accède à l'immortalité politique. L'astrophysicien Stephen Hawking rejoint les étoiles. Le secrétaire d'État américain se fait montrer la sortie sur Twitter. Voici notre tour du monde hebdomadaire en images.

Un texte de Joëlle Girard

Xi Jinping a démarré sa semaine en force : le Parlement chinois a aboli la limitation des mandats présidentiels, lui permettant de demeurer en poste aussi longtemps qu'il le souhaite. L'amendement voté fait aussi entrer « la Pensée Xi Jinping » dans la Constitution, ainsi que « le rôle dirigeant » du Parti communiste. Si cette disposition lui permet d'imposer sa vision de la nation à long terme, elle inquiète les défenseurs des droits de la personne, qui craignent une recrudescence de la répression. Des opposants au régime pourraient en effet être accusés d'atteinte à la Constitution pour avoir contesté la mainmise du parti sur le pouvoir.

Pour le secrétaire d'État américain, Rex Tillerson, qui a été limogé par Donald Trump mardi, la semaine a plutôt semblé cauchemardesque. Si son départ avait déjà été évoqué par le passé en raison de différences de vue avec le président dans le dossier du nucléaire iranien, il semble que la nouvelle a pris le principal intéressé par surprise. M. Tillerson aurait appris son congédiement par Twitter, comme tout le monde. Il a donné une courte conférence de presse plusieurs heures après l'annonce dans laquelle il a remercié bien des gens, mais pas le président.

Le jour même où il a limogé son secrétaire d'État, Donald Trump s'est envolé vers la Californie. Il s'agissait d'une première visite depuis son élection dans ce bastion démocrate, farouchement opposé à sa politique sur l'immigration. Afin de vanter le « magnifique » mur promis en campagne, il s'est rendu à la frontière avec le Mexique, sur le site où se dressent les prototypes de l'immense barrière physique qu'il entend dresser entre les deux pays.

Le lendemain, ce fut au tour de plusieurs centaines d'élèves de se déplacer pour faire entendre leur message. Ils se sont rendus à Washington, où ils ont notamment été accueillis par le sénateur Bernie Sanders, afin de manifester pour le contrôle accru des armes à feu. Le mouvement, baptisé « National School Walkout », a fini par toucher des dizaines de milliers d’élèves, qui ont pris la rue dans des villes à travers tout le pays. Cette démonstration de solidarité était prévue un mois jour pour jour après la tuerie qui a fait 17 morts dans une école de Parkland, en Floride.

Au Brésil, c'est la mort d'une conseillère municipale à Rio de Janeiro qui a provoqué une vague d'indignation. La voiture dans laquelle se trouvait Marielle Franco, militante pour les droits de la personne, des femmes et des Noirs, et critique virulente des forces de l'ordre, a été criblée de balles en pleine rue mercredi. Son chauffeur est également décédé. Les funérailles de la politicienne de 38 ans à peine terminées, les manifestants révoltés ont envahi les rues de Rio pour réclamer justice.

La Grèce aussi a connu son lot d'agitation, en raison des armes à feu. Cette semaine, le président du club de soccer de Thessalonique, PAOK, a fait irruption sur le terrain avec une arme à la ceinture. Ivan Savvidis était furieux qu'un arbitre ait annulé un but de son équipe. La FIFA envisage une suspension de l'équipe en raison de la succession de violences lors des dernières rencontres, qui ont culminé avec cet événement inusité.

Au pays du Brexit, les démêlés avec la Russie se sont poursuivis. La première ministre britannique, Theresa May, a annoncé cette semaine l'expulsion de 23 diplomates russes en réponse au rôle joué par Moscou dans l'empoisonnement au gaz innervant de l'ex-espion Sergueï Skripal et de sa fille Youlia, survenue à Salisbury, dans le sud de l'Angleterre. La police de Londres a aussi ouvert une enquête pour meurtre. Sur cette photo, Mme May rencontre des citoyens près des cordons de la police qui sécurisent les lieux du crime.

Le sujet n'a absolument pas été abordé par Vladimir Poutine, qui s'est rendu en Crimée pour célébrer le quatrième anniversaire de l'annexion de la péninsule. C'était par ailleurs pour lui une dernière étape électorale puisque les Russes doivent se rendre aux urnes dimanche. L'homme fort de la Russie se présente contre sept candidats, mais pour la majorité des citoyens, il ne fait aucun doute qu'il sera réélu pour un quatrième mandat.

Vladimir Poutine, qui soutient le régime du président Bachar al-Assad, fait sans doute un peu moins l'unanimité en Syrie, où l'armée continue à bombarder l'enclave rebelle de la Ghouta, près de Damas, la capitale. Cette semaine, le pays est entré dans sa huitième année de guerre, déclenchée le 15 mars 2011 dans le cadre d'un mouvement de protestation né du Printemps arabe et sévèrement réprimé. Le conflit a fait jusqu'à maintenant plus de 350 000 morts et des millions de déplacés et de réfugiés.

Un autre triste anniversaire a été souligné cette semaine, cette fois au Japon. Le pays s'est figé dans le recueillement dimanche à 14 h 46, heure précise à laquelle, le 11 mars 2011, s'est produit un tremblement de terre suivi d'un tsunami meurtrier et d'une catastrophe nucléaire. Au total, 18 434 personnes ont péri ou disparu dans le tremblement de terre de magnitude 9 et le tsunami qui a suivi. Quelque 3600 autres personnes, pour la plupart de Fukushima, sont décédées des suites de la catastrophe, pour cause de maladie ou de suicide. Comme chaque année, une cérémonie officielle s'est tenue à Tokyo, en présence du premier ministre, Shinzo Abe, du prince Akishino, fils cadet de l'empereur Akihito, et de son épouse, Kiko.

La royauté belge se trouvait pour sa part en sol canadien. Le roi Philippe et sa conjointe Mathilde ont notamment visité Ottawa, Toronto et Montréal à l'occasion de cette deuxième visite officielle. L'objectif était de souligner la coopération culturelle et les liens entre les deux pays, l'occasion parfaite pour la reine de goûter la fameuse tire d'érable canadienne.

En Patagonie, dans le sud de l'Argentine, des curieux ont aussi bravé le froid, mais cette fois dans le but d'assister à la rupture de l'arche du gigantesque glacier Perito Moreno. Malheureusement, elle s'est rompue dans la nuit de dimanche à lundi lors d'une tempête qui a empêché les touristes d'assister au spectacle.

À l'autre bout du monde, dans le cercle polaire, d'autres touristes ont eu plus de chance. En visite aux îles Lofoten, dans l'extrême nord de la Norvège, ils ont pu expérimenter le surf d'hiver et admirer, au passage, d'impressionnantes aurores boréales.

Enfin, mercredi, l'astrophysicien britannique Stephen Hawking a rejoint le firmament. De l'Université de Cambridge, où il occupait la chaire Newton, aux plages de l'Inde, on lui a rendu hommage un peu partout sur la planète. Décédé à 76 ans, M. Hawking a vécu plus de 55 ans avec la sclérose latérale amyotrophique (SLA), défiant les diagnostics des médecins. Fasciné par l'univers, il s'est appliqué pendant des années à retravailler les théories d’Einstein sur la cosmologie et la relativité.

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