L'ère Castro prend fin à Cuba, un ballet de bombes monopolise la crise syrienne et les scandales continuent de définir la présidence de Donald Trump. Une autre semaine fortement occupée dans l'actualité internationale. Retour en images.

Un texte d’Alain Labelle

Un nouveau président dirige maintenant Cuba. Miguel Diaz-Canel, 58 ans, a officiellement succédé à Raul Castro pour un mandat de cinq ans, renouvelable une fois. Lors de son discours devant l’Assemblée nationale, cet ingénieur en électronique de formation a cherché à s’inscrire dans la continuité en rendant longuement hommage à Raul Castro. Il l’a désigné comme le meilleur élève de son frère Fidel, auquel il avait succédé il y a une dizaine d’années. La mission du nouveau leader : défendre les acquis de la révolution socialiste entamée en 1959, tout en modernisant graduellement l’économie du pays.

De l’autre côté du golfe du Mexique, quelque 600 migrants d’Amérique centrale, en provenance surtout du Honduras, ont quitté la ville de Mexico pour continuer leur voyage vers le nord du pays en passant par les États de l’Hidalgo et de Guanajuato. La caravane de migrants a pour objectif d’atteindre la frontière et d’entrer clandestinement aux États-Unis. De ce nombre, un peu plus de 300 personnes tentent de s’y rendre en grimpant sur un train de marchandises en direction du Nord.

Après la diffusion d’un reportage au début du mois sur cette caravane organisée par une association humanitaire appelée Pueblos sin fronteras (Peuples sans frontières), le président des États-Unis avait ordonné l’envoi de la Garde nationale à la frontière pour contrer l’arrivée des migrants illégaux jusqu’à la construction de son mur promis en 2016.

Encore de nombreux rebondissements dans les scandales qui frappent l’administration Trump. L’ancien directeur du FBI James Comey, limogé par le président, a lancé son livre Mensonges et vérités : une loyauté à toute épreuve, dans lequel il juge que M. Trump est « moralement inapte » à présider les États-Unis. Il a fait le tour des émissions d’actualité, dont le Late Show de Stephen Colbert, qui a connu ses meilleures cotes d’écoute depuis le début de l’année.

M. Comey s’est retrouvé par le fait même encore une fois au centre des sujets des tweets présidentiels, avec l’actrice Stormy Daniels. Celle-ci s’est rendue en cour pour faire annuler un accord de confidentialité conclu entre elle et Michael Cohen, l’avocat personnel du président, pour s’assurer de son silence sur sa relation consentie avec Donald Trump. Dans des entrevues télévisées, elle s’est dite lasse d’être menacée et intimidée. C’est pour cette raison qu’elle a décidé de se battre devant les tribunaux.

Michael Cohen, qui avait versé 130 000 $ à Stormy Daniels peu avant l’élection présidentielle de 2016 aux États-Unis, s’est également rendu en cour pour contester la perquisition menée chez lui par le FBI dans ce dossier, mais aussi en lien avec une enquête du procureur spécial Robert Mueller concernant l’ingérence de la Russie durant la dernière élection.

Toujours aux États-Unis, les tensions raciales étaient palpables après que deux hommes noirs eurent été arrêtés pour « intrusion » alors qu’ils étaient simplement assis dans un Starbucks de Philadelphie. Les hommes n’avaient rien commandé, mais attendaient un ami pour le faire. Pour les contraindre à quitter les lieux, la direction de l’établissement a appelé la police, qui les a arrêtés.

Filmée par une cliente, l’arrestation est vite devenue virale sur les réseaux sociaux, suscitant l'apparition du mot-clic #boycottstarbucks et une série de manifestations. La chaîne a depuis annoncé la fermeture de l’ensemble de ses établissements aux États-Unis et la mise sur pied d'une formation consacrée au racisme.

Les tensions raciales dans ce pays ont valu au photographe Ryan Kelly du Daily Progress de Charlottesville, aux États-Unis, le prix Pulitzer de la meilleure photo de « nouvelle de dernière heure » de 2018 pour un cliché qu’il a pris d’une voiture fonçant sur des contre-manifestants lors du rassemblement « Unite the Right », qui protestaient contre le retrait de la statue de Robert Lee, monument hautement symbolique célébrant les États confédérés pendant la guerre de Sécession.

Toujours à Philadelphie, l’explosion d’un moteur d’un Boeing 737 de la compagnie Southwest a mené à un atterrissage d’urgence. Des morceaux de métal, qui se sont détachés du moteur, ont brisé un hublot au-dessus d’une aile, dépressurisant la cabine et happant mortellement une passagère. L’avion transportait 144 passagers et cinq membres d’équipage et venait de décoller de New York en direction de Dallas. Le sang-froid de la pilote Tammie Jo Shults, ancienne pilote de chasse de la marine américaine, a été salué.

Au milieu des scandales et d’une actualité riche en rebondissements, le président Trump a connu une autre semaine des plus intenses sur le plan international. Il a lancé une opération militaire contre la Syrie avec la France et le Royaume-Uni pour punir le régime de Bachar Al-Assad, accusé d’une attaque à l’arme chimique contre des civils. Au lendemain des frappes, on pouvait voir des bâtiments détruits, notamment un centre de recherche situé à Damas.

Dans l’autre camp, la Syrie et la Russie ont dénoncé cet « acte irréfléchi et dangereux », qui pourrait avoir des « conséquences imprévisibles », en niant toute utilisation de ce type d’armes. De nombreux partisans de Bachar Al-Assad sont descendus dans les rues de Damas pour décrier l’intervention en brandissant des drapeaux russes et iraniens.

En Iran, un photographe de Reuters a capté une photo saisissante d’une tempête de sable qui s’est abattue sur la ville de Yazd, dans le centre désertique du pays. Le mur de sable venu du désert a frappé la ville à une vitesse de plus de 100 km/h et a fait 10 blessés. Les habitants ont été surpris par la vitesse à laquelle le phénomène a déferlé sur leur ville, bloquant même les rayons du soleil pendant plusieurs heures en pleine journée.

C’était le retour de Justin Trudeau sur la scène internationale cette semaine. Le premier ministre canadien s’est rendu au Pérou, en France et au Royaume-Uni pour une mission destinée à faire oublier le désastre de son voyage en Inde. Il a notamment rencontré le président français, Emmanuel Macron, et s'est adressé aux députés de l’Assemblée nationale dans une allocution d’une trentaine de minutes.

Sa mission diplomatique s’est terminée à Londres, au Royaume-Uni, où il s’est entretenu avec la reine et a discuté de la transition post-Brexit avec son homologue britannique, Theresa May, dans les jardins du 10 Downing Street, la résidence officielle de la première ministre.

Le premier ministre canadien a finalement participé au Sommet du Commonwealth en compagnie des 52 autres dirigeants, dont le premier ministre indien Narendra Modi. Ce dernier a aussi goûté à une mauvaise presse à l'étranger puisque des manifestants l'attendaient partout dans les déplacements afin de décrier les droits de la personne en Inde.

De nombreux manifestants s’étaient regroupés à l’extérieur de la rencontre qui se tenait à Londres pour protester contre l’oppression de la communauté LGBT+ dans plusieurs pays membres, tels que le Nigeria, le Kenya, le Rwanda, le Pakistan ou le Bangladesh.

C’est la Journée de la Terre dimanche, et le fléau du plastique dans l’environnement retient de plus en plus l’attention. Plus de 8 millions de tonnes de plastique aboutissent dans les océans de la planète chaque année, faisant croître les inquiétudes sur la toxicité de ce dérivé du pétrole et sur son impact sur la santé des générations futures et sur l’environnement. La prochaine photo d’un cygne couvant ses œufs dans un parc de Copenhague, au Danemark, illustre tristement le problème. Bonne planète en images !

Plus d'articles