La politique migratoire de « tolérance zéro » appliquée par l'administration Trump a quelque peu monopolisé l'actualité internationale cette semaine, une saga qui a causé un tollé au-delà des frontières américaines. Voici notre retour en images.

Un texte de Joëlle Girard

Plus de 2300 enfants ont été séparés de leurs parents depuis le début du mois de mai, après l'arrestation de ces derniers pour avoir illégalement traversé la frontière avec le Mexique. Si cette politique de « tolérance zéro » indignait déjà le monde, les conditions de détention des enfants révélées cette semaine ont causé un choc supplémentaire.

Michael Garcia Bochenek, conseiller juridique de la division Droits des enfants de Human Rights Watch, est l'un des rares observateurs à avoir eu accès à ces centres juvéniles à la frontière. Il a décrit des scènes de cris et de pleurs, d’enfants confus laissés à eux-mêmes dans des cages. Au-delà de ce témoignage, l'image déchirante d'une enfant hondurienne de deux ans en pleurs à la frontière a fait le tour de la planète. Le magazine Time s'en est même inspiré pour sa couverture.

Devant l'indignation mondiale suscitée par cette politique et le malaise au sein même de son parti, Donald Trump a signé mercredi un décret mettant fin à ces séparations.

La première dame des États-Unis, Melania Trump, a également effectué une visite surprise dans un centre de détention pour apaiser les tensions. C'est cependant son choix vestimentaire qui a retenu l'attention, tandis qu'elle portait un manteau vendu par la compagnie Zara pour quelques dizaines de dollars sur lequel on pouvait lire : « I really don't care, do u? » (« Je m'en fiche complètement, et vous? »). Sa porte-parole a indiqué qu'il n'y avait aucun lien de corrélation entre ce message et sa position quant à la politique migratoire, mais les internautes s'en sont donné à coeur joie, dénonçant l'insensibilité de la première dame.

Pendant ce temps, le nouvel allié du président américain, le leader Kim Jong-un, s'est rendu à Pékin afin de faire le point avec le président chinois Xi Jinping sur le sommet historique qui a réuni les États-Unis et la Corée du Nord la semaine précédente. La Chine, qui est engagée dans une vive escalade commerciale avec les États-Unis, semble vouloir garder la Corée du Nord dans son giron et ainsi éviter qu'elle ne bascule du côté américain, en dépit des offres de développement économique faites par Donald Trump.

Tout près de là, en Indonésie, une tragédie gardait la nation entière en haleine cette semaine. Un traversier a sombré dans les eaux du lac Toba, sur l'île de Sumatra, faisant plus de 180 disparus. Des proches et des parents des victimes ont pris le gouvernement à partie pour ne pas avoir veillé au respect des normes de sécurité minimales sur l'embarcation, qui transportait beaucoup trop de passagers, selon des informations recueillies auprès de quelques survivants.

Au Nicaragua, ce sont les heurts avec les forces de l'ordre qui ont éploré certaines familles. En deux mois, la vague de contestation pour exiger le départ du président, Daniel Ortega, a fait 187 morts et plus de 1000 blessés. Dans les derniers jours, les violences ont fait au moins 23 morts. Les funérailles de trois d'entre eux ont eu lieu mercredi.

Des dirigeants de l'Église catholique se sont même rendus à Masaya, petite ville du pays qui s'est déclarée en rébellion, afin d'empêcher « un massacre » par les forces de l'ordre voulant reprendre le contrôle. La vague de contestation dénonce une réforme de la sécurité sociale, qui a depuis été abandonnée, et accuse le chef de l'État et son épouse de confisquer le pouvoir et de brider les libertés.

En Turquie, ce sont plutôt les élections, qui doivent avoir lieu dimanche, qui ont donné lieu à des rassemblements. Pratiquement assuré d’une victoire, selon ses partisans, le président Erdogan risque néanmoins de perdre beaucoup de ses électeurs. Depuis une tentative de coup d’État, il y a deux ans, la Turquie est sous les lois de l’état d’urgence. Plus de 50 000 personnes ont été arrêtées et emprisonnées. Certains ont tout de même manifesté en soutien à l'homme fort de la Turquie, qui règne sur le pays depuis maintenant 15 ans.

Tout comme Recep Tayyip Erdogan, Cristiano Ronaldo a soulevé les foules cette semaine. Dans le cadre d'un match de la Coupe du monde de soccer contre l'Espagne, le joueur étoile a effectué un tour du chapeau, permettant aux siens d'égaliser la marque 3-3. Le Portugais en est à son 51e triplé en carrière. La compétition se poursuit à Sotchi, en Russie, où la finale doit se dérouler le 15 juillet.

Outre la grand-messe planétaire du soccer, une autre activité sportive a retenu l'attention cette semaine. Depuis son accession au pouvoir en 2014, le premier ministre indien Narendra Modi a fait du yoga un instrument de rayonnement de l'Inde dans le monde. Il est à l'origine d'une résolution des Nations unies qui, depuis 2015, fait du 21 juin la Journée internationale du yoga. La fête a donné lieu à de nombreux rendez-vous, pour la plupart colorés.

La célébration de cette quatrième Journée internationale du yoga concorde aussi avec le solstice d'été, une fête païenne qui remonte à plusieurs millénaires. Des gens se sont notamment réunis à Stonehenge, en Angleterre, pour observer le lever du soleil à l'occasion du premier jour de la belle saison, qui est également la journée la plus longue de l'année. Bon été!

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