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Optimisme prudent de l’ONU sur la réunification de Chypre

Fraîchement arrivé à la tête de l'ONU, Antonio Guterres, annonce l'imminence d'un accord sur la réunification de Chypre, séparée depuis 1974, mais invite à la « patience ».

Le secrétaire général des Nations unies s’est exprimé sur la question jeudi à Genève, à l’ouverture d'une conférence consacrée à l'une des plus vieilles crises au monde.

Des négociations intenses ont lieu depuis lundi dans la capitale suisse entre les dirigeants des communautés chypriotes turque et grecque, mais les deux parties ne s’entendent pas encore sur la création d’un État fédéral.

Nous sommes très proches d'un règlement. […] Vous ne pouvez pas attendre des miracles […] Il va falloir être patient. Nous ne cherchons pas un bricolage rapide, nous cherchons une solution solide et durable pour Chypre.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres

Quoi qu’il en soit, la conférence de Genève est qualifiée d'« historique », en ce qu’elle revêt pour la première fois un caractère multilatéral. On y discute principalement des garanties de sécurité de la future fédération de Chypre, en présence des « garants » actuels : la Grèce, la Turquie et la Grande-Bretagne, ancienne puissance coloniale.

Les « questions intérieures », comme le découpage territorial entre les deux communautés, la restitution des propriétés spoliées ou le partage de la gouvernance, font l’objet de négociations intrachypriotes organisées sous l'égide du médiateur de l'ONU, le Norvégien Espen Barth Eide.

Même s’ils sont minoritaires, les Chypriotes turcs contrôlent présentement 37 % de l'île. Ils réclament 29,2 % du territoire dans un futur État, alors que la partie grecque serait prête à leur consentir 28,2 %.

Autre point de litige : la présence de 30 000 soldats turcs dans la partie nord de l'île. Le président chypriote grec, appuyé par Athènes, exige leur départ, tandis que le dirigeant chypriote turc, soutenu par Ankara, réclame leur maintien pour protéger sa communauté.

La Grande-Bretagne a également maintenu une présence militaire dans la partie sud de l’île, mais Londres propose, si un accord est conclu, de restituer 49 % du territoire occupé par ses bases.

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