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Orlando : deuil, réconfort et questions sans réponse

Le contraste est frappant. Aussi frappant que la différence entre la journée de samedi et celle de dimanche à Orlando. Sur l'herbe verte, il y a des couleurs bien brillantes, des ballons, des drapeaux. Et des fleurs, beaucoup de fleurs.

Yanik Dumont Baron

  Une analyse de Yanik Dumont Baron

Une place publique d'Orlando a été transformée en place de recueillement et de deuil. C'est ici que les gens touchés par la tragédie sont venus laisser des signes de leur douleur.

C'est ici que des centaines d'autres passent pour partager cette douleur. C'est ici que des étrangers pleurent dans les bras d'inconnus, que des amis tentent de se consoler.

C'est de cette place publique que j'écris ces lignes. Jour 3 d'un périple forcé. Troisième jour à chercher des réponses, mais sans succès.

Il y a eu les questions de base - qu'est-ce qui est arrivé? -, puis, les plus déchirantes - qui a survécu? La question la plus difficile demeure sans réponse : pourquoi?

Il n'y a pas plus de réponse ni de piste au condo que partageait le tueur avec sa femme et son jeune fils.

C'est à deux heures de route d'Orlando, dans un quartier modeste de Fort Pierce. Un coin banal.

Kim, une voisine du tireur, nous a laissés entrer dans sa cour, sans vouloir nous donner son nom de famille. De là, on voit le véhicule gris du meurtrier. On voit aussi le couloir qui mène à son domicile.

La femme a vu les policiers à l'œuvre tôt dimanche matin, avant même que le monde entier ne prenne conscience de l'horreur du drame d'Orlando.

« My gosh! » Kim frissonne en pensant qu'elle habitait si près d'un homme aussi violent. Même si elle habite si près, elle n'a pas toutes les réponses.

Elle ne sait pas quel rôle la femme du tueur a joué dans l'affaire. Pourquoi l'a-t-elle reconduit au moins une fois à la discothèque Pulse? Savait-elle qu'une attaque se planifiait? A-t-elle vraiment tenté de l'en dissuader?

Difficile aussi d'avoir des réponses auprès de la communauté gaie de Fort Pierce. Plusieurs homosexuels affirment que le tueur menait une double vie, qu'il flirtait avec certains, qu'il avait même déjà lancé une invitation romantique à un homme.

Dans un bar situé en retrait d'un boulevard bruyant, ils nous ont fermé la porte au nez. Ils ne veulent pas répondre aux questions. Peut-être qu'ils n'ont pas les réponses eux non plus.

À la mosquée que fréquentait la famille, on est plus accueillant, mais on n'en sait pas plus. Bedar Bakht, qui fréquente la mosquée, nous a montré l'endroit où Omar Mateen a prié, 36 heures avant d'interrompre brutalement 49 vies humaines.

Bedar l'a vu grandir. Il le croisait souvent à la mosquée. Il se souvient d'un moment où leurs regards se sont croisés. Un contact humain, amical, chaleureux. C'était une semaine avant l'horreur.

« C'est incroyable. C'est inacceptable ce qu'il a fait. » Depuis, Bedar n'arrive plus à effacer ce regard de son esprit. Un regard qui le hante au moment de s'endormir.

Dans ce regard, il y a une chose que Bedar ne voit pas. Une simple réponse à une courte question : pourquoi?

Tuerie à Orlando  

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