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Ottawa confirme la mort de quatre Canadiens en Équateur

Quatre Canadiens, et non deux comme il avait été dit précédemment, ont perdu la vie dans le tremblement de terre qui a frappé l'Équateur et qui a fait entre 400 et 480 morts, selon les bilans. 

La ministre canadienne du Développement international, Marie-Claude Bibeau, a fait état du décès de deux autres Canadiens lors d'un impromptu de presse mardi.

L'identité de ces nouvelles victimes n'a pas encore été révélée.

Rappelons que les deux premières victimes canadiennes sont une mère et son fils, Jennifer Mawn et Arthur Laflamme, qui ont perdu la vie quand le toit de leur résidence s'est écroulé pendant le séisme d'une magnitude de 7,8, samedi soir dernier.

À la suite d'une demande d'aide du gouvernement équatorien en soirée lundi, Ottawa a envoyé une équipe en Équateur pour évaluer les besoins et lui faire des recommandations. 

Cette équipe d'évaluation comprend six représentants provenant des Affaires étrangères et de la Défense canadiennes.

Il s'agit d'une étape préliminaire avant d'envoyer l'Équipe d'intervention en cas de catastrophe (EICC) qui, elle, est conçue pour être déployée à court préavis, partout dans le monde, en réponse à des situations allant des catastrophes naturelles aux urgences humanitaires. Par exemple l'EICC avait été déployée au Népal l'an dernier, à la suite du tremblement de terre dans ce pays.

Ottawa a aussi dépêché du personnel pour venir en aide à son ambassade à Quito de même qu'à son consulat, à Guayaquil. De plus, le gouvernement de Justin Trudeau consacre un million de dollars en soutien aux efforts des organisations humanitaires sur le terrain.

Le temps presse pour retrouver des survivants

Pendant ce temps, en Équateur, les secours s'organisent. Les besoins sont considérables car on dénombre plus de 4000 blessés et 231 disparus. Et le temps presse, car les chances de retrouver des survivants s'amenuisent.

Oxfam et la Croix-Rouge canadienne ont envoyé des experts pour évaluer l'ampleur des dégâts et la nature des besoins des populations sinistrées.

« Beaucoup de gens dans les villes touchées sur la côte ont passé les dernières nuits dehors, dans la rue, face aux intempéries », explique une chargée de projets humanitaires d'Oxfam-Québec, Céline Furi, pour illustrer les nombreux besoins auxquels les secouristes devront répondre.

Des abris temporaires, un accès à l'eau potable, des couvertures et des ustensiles pour faire la cuisine font partie des priorités afin de soulager les sinistrés.

Présent en Équateur depuis près de 30 ans, Oxfam a envoyé trois experts de plus, réquisitionnés dans des pays voisins, afin d'évaluer les besoins des sinistrés.

« Beaucoup de systèmes [d'aqueduc] ont été détruits, il faut donc stocker l'eau dans des citernes et la traiter, poursuit Mme Furi en entrevue à ICI-Radio-Canada, c'est pourquoi il y a déjà des comprimés de purification qui sont en route. »

À la détresse de la population s'ajoutent les difficultés d'atteindre certaines zones sinistrées en milieu rural et a fortiori d'y acheminer de l'aide.

Le gouvernement équatorien est en première ligne

Des pays de l'Union européenne (UE) et plusieurs pays d'Amérique du Sud ont promis de l'aide pour les sinistrés. « La réponse est surtout régionale pour l'instant », précise Mme Furi. Elle rappelle toutefois que c'est le gouvernement équatorien qui est en première ligne.

« L'Équateur a un gouvernement qui a des moyens, des capacités et des revenus pour apporter une réponse [aux conséquences du séisme] », explique Céline Furi. « Ce sont eux, d'ailleurs, qui sont au-devant de la réponse actuelle : ils ont déployé plusieurs milliers de soldats et un budget conséquent. Donc nous venons vraiment en appui. »

La Croix-Rouge canadienne a également indiqué qu'elle était en mesure de dépêcher une équipe de 300 personnes pour venir en aide à la population, mais elle attend une requête de son équivalent équatorien afin d'intervenir.

La Croix-Rouge a également lancé une opération pour solliciter la générosité des Canadiens et récolter de l'argent pour venir en aide aux sinistrés de l'Équateur. « La meilleure façon d'aider c'est par des dons en argent », explique Mme Archambault. La Croix-Rouge n'enverra donc pas de dons matériels en Équateur.

Un Québécois témoigne

Le séisme a chassé la majorité des touristes du pays, mais un couple de Québécois est demeuré sur place.

« Je crois que nous sommes à peu près les seuls touristes à être restés dans ce petit village, avance Lucien Albert qui est en voyage à Puerto Lopez avec sa conjointe.

M. Albert a l'intention de poursuivre son voyage malgré tout. « Il nous reste deux semaines à passer en Équateur, explique-t-il en entrevue à ICI-Radio-Canada. Nous avons pris la décision de rester parce que nous pensons que c'est une façon d'aider les populations. Je crois que quand on fuit un pays qui est dans une situation comme celle-là, on n'aide personne, on n'aide pas l'économie. C'est contre-productif ».

La secousse a été ressentie dans la majeure partie du pays, provoquant des mouvements de panique jusque dans la capitale, Quito, pourtant située dans les Andes. Des bâtiments et des routes se sont effondrés dans de nombreuses villes de l'ouest du pays, près du littoral.

Le gouvernement équatorien a déclaré que le séisme de samedi était le plus important à frapper l'Équateur depuis 1979. Une forte secousse de magnitude 7,7 avait fait 600 morts et 20 000 blessés cette année-là, selon le centre américain de veille géologique (USGS).

Le président Rafael Correa, qui s'est rendu sur les lieux de la catastrophe, a indiqué que les dégâts étaient estimés entre deux et trois milliards de dollars.

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