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Ottawa va serrer la vis aux émetteurs de méthane dans le secteur pétrolier et gazier

Le premier ministre canadien a annoncé jeudi à Washington qu'il se joint à une initiative américaine visant à réduire les émissions de méthane provenant du secteur pétrolier et gazier de 40 % à 45 % par rapport au niveau de 2012, d'ici 2025.

Justin Trudeau et le président américain Barack Obama ont aussi annoncé l'adoption de nouvelles normes de consommation d'essence pour les véhicules lourds et dévoilé une nouvelle initiative conjointe visant à mieux protéger l'Arctique.

MM. Trudeau et Obama ont procédé à ces annonces lors d'une conférence de presse à la Maison-Blanche, au terme d'une rencontre d'environ une heure entre les deux hommes dans le Bureau ovale.

Les États-Unis et le Canada ont aussi réitéré de manière plus générale leur volonté de prendre des mesures conjointes pour lutter contre les changements climatiques et de signer l'accord conclu lors de la conférence sur le climat de Paris en décembre dernier, et ce, « le plus vite possible ».

Après sa rencontre avec M. Obama, Justin Trudeau s'est entretenu avec le secrétaire d'État John Kerry. Il doit maintenant faire de même avec des responsables du Congrès, avant d'être reçu en soirée à la Maison-Blanche pour un prestigieux dîner officiel.

De nouvelles règles du jeu soumises d'ici un an

« Le président et moi avons annoncé aujourd'hui que nous allons poser des gestes pour réduire presque de moitié les émissions de méthane du secteur pétrolier et gazier, pour réduire l'utilisation et l'émission d'hydrofluorocarbures, et implanter des normes pour les émissions de gaz à effet de serre (GES) des véhicules lourds », a annoncé M. Trudeau.

Selon une déclaration conjointe publiée par les deux pays, le ministère canadien de l'Environnement et des Changements climatiques devrait présenter dès le début de l'année prochaine de nouvelles règles du jeu destinées à réduire les émissions de méthane, un gaz dont l'impact sur le réchauffement climatique est beaucoup plus important que le dioxyde de carbone, dans le secteur pétrolier et gazier.

Cette règlementation nationale sera développée « en collaboration avec les gouvernements provinciaux et territoriaux, les peuples autochtones et les intervenants » et sera implantée « dans les meilleurs délais possibles ».

De son côté, l'Agence de protection environnementale des États-Unis (EPA) compter également agir « avec célérité » pour développer une réglementation fédérale. Dès le mois prochain, les compagnies responsables d'émissions de méthane devront lui présenter diverses informations permettant de l'élaborer.

Le Canada et les États-Unis entendent aussi s'échanger de l'information à ce sujet, qu'il s'agisse de moyens de mieux quantifier les émissions de méthane ou de nouvelles pratiques et technologies permettant de les réduire.

Les deux pays ont aussi convenu de se joindre à l'initiative Zero Routine Flaring 2030 de la Banque mondiale, qui vise à mettre fin d'ici 14 ans à la pratique consistant à brûler systématiquement le gaz à la torche sur les sites de production pétrolière.

Ils vont aussi présenter dès cette année de nouvelles mesures pour réduire l'utilisation et l'émission d'hydrofluorocarbures (HFC), un autre puissant gaz à effet de serre. Depuis le début de l'année, le ministère canadien de l'Environnement a recueilli des informations sur les HFC en vrac pour « évaluer le besoin de stratégies nationales de contrôle ».

Les nouvelles normes pour les gaz à effet de serre des véhicules lourds doivent quant à elle s'appliquer pour les modèles 2019 des grands constructeurs automobiles. Le Canada et les États-Unis se sont déjà entendus sur des exigences harmonisées pour les émissions de GES des automobiles et des véhicules utilitaires légers.

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Une nouvelle initiative sur l'Arctique

MM. Trudeau et Obama ont aussi un nouveau partenariat concernant l'Arctique, décrit comme « la ligne de front des changements climatiques », auquel les peuples autochtones doivent être étroitement associés.

Les deux hommes se sont ainsi entendus pour établir un nouvel objectif de protection de la biodiversité. À l'heure actuelle, Ottawa et Washington se sont engagés à protéger 17 % du territoire et 10 % des zones maritimes d'ici 2020.

Le nouveau partenariat vise aussi à construire une « économie durable » dans l'Arctique, en établissant des « normes de classe mondiale » en matière non seulement de pêcheries, mais aussi d'exploration et d'exploitation des hydrocarbures.

Dans le cadre de cette initiative, les « connaissances scientifiques et traditionnelles des peuples autochtones » seront intégrés au processus décisionnel, indiquent en outre les deux pays.

Le Canada et les États-Unis invitent les autres pays concernés par l'avenir de l'Arctique à se joindre à eux.

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