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« Où sont les États-Unis? » se demande l'émissaire de l'ONU sur la Syrie

L'opposition syrienne est « pleinement engagée » dans le processus de paix qui doit reprendre jeudi prochain sous l'égide des Nations unies à Genève, a déclaré dimanche le président de la Coalition nationale syrienne (CNS). L'émissaire de l'ONU sur la Syrie se demande lui « où sont les États-Unis ».

Le président de la CNS, Anas Al-Abdah, qui s'exprimait à la tribune de la conférence annuelle de Munich sur la sécurité, a souligné qu'il serait impossible de « contrer les profondes menaces contre la sécurité tant que [Bachar Al-] Assad resterait au pouvoir ».

M. de Mistura qui était également présent à Munich, a ajouté que les négociations de Genève viseraient à déterminer s'il est possible de faire progresser une solution politique sur la base de la résolution 2254 adoptée en décembre 2015 par le Conseil de sécurité des Nations unies, a-t-il dit.

Ce texte, voté à l'unanimité, encadre un processus de transition politique en Syrie avec mise en place d'une « gouvernance crédible, inclusive et non sectaire » et élaboration d'une nouvelle constitution avant la tenue d'élections « libres et régulières ».

Un processus parallèle conduit par la Russie, la Turquie et l'Iran, qui s'est traduit par la tenue de deux conférences à Astana, au Kazakhstan, doit consolider le fragile cessez-le-feu entré en vigueur le 30 décembre dernier, sous l'impulsion de Moscou et Ankara, après la fin de la bataille d'Alep.

« Astana est le seul lieu dédié à la cessation des hostilités et Genève vise à voir s'il existe un espace pour une discussion politique », a souligné Staffan de Mistura.

Le diplomate, dans l'incapacité de dire si cet espace existait, a cependant insisté : « Nous devons pousser en faveur de cette dynamique ».

Sur le terrain, les forces gouvernementales syriennes ont poursuivi dimanche leurs bombardements de zones tenues par les rebelles au nord-est de Damas, rapportent l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) et des secours sur place.

Au moins 16 personnes ont été tuées depuis samedi dans ces tirs de roquettes et d'obus visant le quartier de Barzeh et surtout celui de Qaboun, en périphérie de la capitale syrienne.

« Même un cessez-le-feu ne peut pas tenir trop longtemps s'il n'y a pas de [solution] politique », a prévenu de Mistura à Munich.

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