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Où sont nés les lauréats des prix Nobel? La réponse en carte

Pas moins de 874 personnes et 26 organisations ont reçu un prix Nobel entre 1901 et 2015. Si les États-Unis et l'Europe dominent le classement, la réalité tend à évoluer depuis quelques décennies. Portrait d'un hommage convoité, parfois critiqué.

Un texte d'Alain Labelle

La domination européenne, bien perceptible depuis le début de la remise des prix au début du 20e siècle, s'estompe peu à peu depuis les années 1950. Sur la carte ci-dessous, les lauréats sont répartis selon leur pays de naissance. Ainsi, Marie Curie, double lauréate naturalisée française, est comptabilisée en Pologne. On y trouve également les lauréats des prix de la Banque de Suède en sciences économiques, en mémoire d'Alfred Nobel.

Depuis le milieu du siècle dernier, les Américains dominent largement le palmarès dans la plupart des disciplines récompensées, avec 258 prix. Suivent le Royaume-Uni (94), l'Allemagne (80), la France (54) et la Suède (29).Les dernières décennies ont vu le nombre de lauréats en provenance d'Asie augmenter notablement, si bien que le Japon en compte maintenant 23, la Chine, 12, et l'Inde, 8.

Combien pour le Canada?

Pour sa part, le Canada compte 18 personnes au palmarès, dont 7 sont nées en Ontario et 4, au Québec.

Ces Canadiens ont remporté quatre prix en physique, quatre en chimie, quatre en physiologie ou en médecine, deux en littérature, trois prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel, sans oublier le prix Nobel de la paix, décerné en 1957 à Lester B. Pearson, alors ministre des Affaires extérieures du Canada, pour son rôle dans la création de la première force de maintien de la paix de l'ONU.

Être nobélisé

Le prix, dont les lauréats 2016 seront connus à partir de lundi, est probablement la plus haute distinction internationale. « C'est encore plus prestigieux qu'une médaille d'or olympique », explique le journaliste Yanick Villedieu, animateur de l'émission Les années lumière, qui a assisté à la remise des prix en 2001 à Stockholm, à l'occasion du 100e anniversaire de la Fondation Nobel.

« Le tourbillon qui suit l'obtention d'un prix dure des mois. Habitués au travail dans l'ombre, les lauréats assistent à des réceptions, à des conférences, à des émissions, et deviennent rapidement reconnus par le grand public. », explique Yanick Villedieu. Certains utilisent l'argent qui accompagne le prix (environ 1,5 million de dollars), pour payer leur hypothèque, mais la plupart le réinvestissent dans la recherche, puisque le prix est souvent accordé à des chercheurs dont la carrière est bien entamée.

L'obtention du prix représente aussi une crédibilité supplémentaire auprès des gouvernements et des organisations lorsque vient le temps de défendre des programmes sanitaires ou des subventions.

Où sont les femmes?

Des prix Nobel ont été remis 49 fois à des femmes sur un total de 874. Une seule a été récompensée à deux reprises, Marie Curie, en physique en 1903, et en chimie en 1911.

D'ailleurs, il a fallu attendre 2009 pour qu'une première femme soit récompensée en économie; c'était l'Américaine Elinor Ostrom.

Un âge pour le Nobel?

L'âge moyen de l'obtention d'un prix Nobel est de 59 ans, mais la plus fréquente tranche d'âge est celle de 60 à 64 ans.

La plus jeune lauréate, Malala Yousafzai, du Pakistan, avait 17 ans quand elle a reçu son prix Nobel de la paix. Le plus âgé, le Russe Leonid Hurwicz, avait 90 ans quand il a reçu le Nobel d'économie, et n'a survécu que quelques mois après l'hommage.

Un prix dépassé?

Pour le professeur Yves Gingras, historien et sociologue des sciences à l'Université du Québec à Montréal, la distribution des prix ne correspond plus à la réalité actuelle dans le domaine de la recherche.

À l'époque, le raisonnement représentait l'essentiel du travail. On disait d'Albert Einstein qu'il avait son laboratoire « sous son chapeau ».

« Depuis la fin de la Deuxième Guerre, c'est la big science. À partir de ce moment-là, l'équipe domine la science. Aujourd'hui, faire de la science seul, statistiquement parlant, ça n'existe pas », explique M. Gingras.

Comme le nombre de lauréats d'un prix est limité à trois, cela est devenu un problème. De nombreux scientifiques pourtant signataires de travaux nobélisés n'ont pas été récompensés. Cette réalité déchire des communautés scientifiques et mène à des campagnes de promotion dignes des Oscars.

M. Gingras pense que, comme pour le prix Nobel de la paix, la fondation devrait décerner les prix scientifiques à une organisation. « Il y a tellement de bons scientifiques. S'il y a 10 bons scientifiques, il n'y a qu'un Nobel. C'est le réseau qui fait la différence », note M. Gingras, qui ajoute que la Fondation Nobel devra tôt ou tard régler cet anachronisme.

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