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Paradise Papers : Wilbur Ross dit n'avoir rien à se reprocher

Le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, ne voit « absolument rien de répréhensible » au fait qu'il détienne 31 % des parts de Navigator, une société d'expédition maritime dont les Paradise Papers ont mis en lumière des liens d'affaires avec la Russie.

Un texte de Daniel Blanchette-Pelletier

Navigator a reçu au total plus de 68 millions de dollars de Sibur depuis 2014. Cette société gazière et pétrolière russe est dirigée par trois hommes d’affaires connus pour leur proximité avec les hautes sphères du pouvoir.

Kirill Shamalov est marié à la plus jeune fille de Vladimir Poutine, tandis que Leonid Mikhelson et Gennady Timchenko ont été sanctionnés par les États-Unis parce que leurs activités dans le secteur énergétique « sont directement liées à Poutine ».

Wilbur Ross a souligné que le contrat entre Navigator et Sibur avait été négocié avant qu'il n'intègre le conseil d'administration de l’entreprise, en 2012.

Le secrétaire au Commerce a également mentionné qu'il allait « probablement » céder le reste de ses parts dans Navigator. « J'étais en train de les vendre de toute façon, mais pas à cause de tout ça », a-t-il déclaré en entrevue à Bloomberg TV.

En devenant secrétaire au Commerce, Wilbur Ross s’est dissocié de nombreux investissements, mais il a gardé des intérêts financiers dans neuf sociétés, dont quatre qui le lient à la compagnie d’expédition maritime Navigator Holdings.

Sibur s’est pour sa part dite « étonnée » qu’une « activité commerciale ordinaire » prenne une tournure politique. Il faut dire cependant que les allégations de collusion entre la Russie et l’entourage de Donald Trump se multiplient depuis l'élection de ce dernier.

Au moins 13 proches du président américain ont des investissements dans les paradis fiscaux, selon la vaste fuite d’informations obtenues par le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung et transmises au Consortium international des journalistes d’enquête (ICIJ), dont fait partie Radio-Canada. Wilbur Ross est toutefois le seul dont les liens avec la Russie ont été établis.

La Russie hausse les sourcils

Pendant ce temps, en Russie, des politiciens ont à leur tour minimisé les révélations des Paradise Papers. « Ces fuites cherchent à provoquer des émotions avec des formulations confuses », a déclaré un responsable du Sénat russe, Constantin Kosachev.

Les documents consultés par l’ICIJ montrent aussi que deux sociétés d’État en Russie, la banque VTB et le géant gazier Gazprom, ont investi massivement dans Facebook et Twitter avant qu’ils n’entrent sur les marchés boursiers en 2012 et en 2013. Ces investissements ont été faits par l’intermédiaire d’un fonds de placement appartenant à l’homme d’affaires russe Yuri Milner, qui réside maintenant aux États-Unis.

« Quand les choses se seront décantées, nous verrons que ce qui est décrit ici relève de l'activité commerciale habituelle et légale, a renchéri Constantin Kosachev, et non d’un complot contre les fondations de la démocratie occidentale. »

D’autres réactions à l’étranger

De nombreux pays ont aussi réagi au lendemain de la publication des Paradise Papers. Au total, plus de 120 politiciens et leaders mondiaux sont nommés dans les documents obtenus par l’ICIJ.

Le gouvernement allemand a pour sa part salué les révélations de l'enquête journalistique, affirmant qu'elle constitue une contribution importante à la lutte contre l'évasion fiscale.

L'Union européenne (UE), qui s’est dite choquée par ces nouvelles révélations sur les paradis fiscaux, exige désormais des « sanctions dissuasives ». Les ministres des Finances de l'UE ont prévu en discuter lors d'une réunion à Bruxelles, mardi.

Les États membres tentent déjà depuis plusieurs mois d’adopter une liste des paradis fiscaux qui serait assortie de sanctions. Or, toute décision fiscale à l’UE ne peut être prise qu’à l’unanimité.

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