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Paris et Moscou s'allient, les frappes en Syrie s'intensifient

« L'aviation française a frappé mardi pour le troisième jour consécutif le fief du groupe armé État islamique (EI) à Raqqa, dans le nord de la Syrie », a annoncé le ministre de la Défense française, Jean-Yves Le Drian. C'est le troisième raid français depuis dimanche à la suite des attentats de Paris qui ont fait 129 morts.

Le président Hollande avait en effet annoncé la volonté de la France d'être « impitoyable », notamment en intensifiant les frappes contre l'EI en Syrie.

Dimanche dernier, 10 chasseurs français avaient aussi effectué des raids à Raqqa, ainsi que dans la nuit de lundi à mardi. Des centres de commandements et d'entraînements, apparemment liés à l'EI, ont été détruits.

Le ministre de la Défense a par ailleurs réitéré que le porte-avions Charles-de-Gaulle arrivera en Méditerranée orientale mercredi avec 26 avions de chasse à son bord. Ceux-ci s'ajouteront aux 12 Mirage 2000 et Rafale (avions de chasse appartenant à la France), actuellement stationnés en Jordanie et aux Émirats arabes unis.

Le ministre de la Défense a expliqué que d'autres frappes auront lieu autour de Raqqa et Deir-Ez-Zor, des sites principaux de la formation de combattants étrangers.

Coalition Paris-Moscou

La France a annoncé mardi une nouvelle coopération entre Paris et Moscou afin de coordonner leurs frappes en Syrie. Le président François Hollande, qui veut « anéantir » l'EI, et Vladimir Poutine, désireux de « trouver et punir » les responsables de l'attentat contre un avion civil russe en Égypte, se sont entretenus par téléphone mardi.

Ils sont favorables à « une coordination plus étroite » entre leurs services secrets sur la Syrie, a révélé le Kremlin. Ils se rencontreront la semaine prochaine à Moscou.

L'aviation russe a participé aux bombardements qui ont eu lieu mardi à Raqqa. La Russie a aussi mené ses propres frappes sur cette ville avec des missiles de croisière et des bombardiers stratégiques à long rayon d'action. Le président Vladimir Poutine a ordonné à la flotte russe de prendre contact avec le porte-avions Charles-de-Gaulle lorsqu'il arrivera en Méditerranée Orientale mercredi.

À la fin de la semaine prochaine, « on veut être en mesure de frapper ensemble, plus intelligemment, Daech [EI] » et « voir comment avancer ensemble à un processus qui conduise au départ de Bachar Al Assad », souligne une source diplomatique française.

C'est sur ce dernier point qu'il risque d'y avoir un désaccord entre les deux pays. « Dans les faits, la coordination dans le choix des cibles à viser, est loin d'aller de soi », note Camille Girard, directeur de la Fondation pour la recherche stratégique. « Jusqu'à une date récente, les Russes frappaient presque exclusivement des cibles qui n'étaient pas Daech [EI], 90 % de leurs frappes étaient sur l'opposition à Bachar al Assad hors Daech », poursuit-il.

Paris et Moscou ne s'entendent pas pour le moment au sujet du président syrien Bachal al-Assad. La Russie le soutient alors que la France veut son départ. Depuis la fin septembre, les raids français visent spécifiquement l'EI alors que les frappes russes ont pour objet les rebelles opposés au régime de Bachar al-Assad.

« La Russie a reconnu maintenant que l'écrasement d'un avion russe était bien un attentat ». Moscou « commence à se dire que Daech [EI] est son propre ennemi aussi et qu'il faut le frapper », ajoute-t-on dans l'entourage du ministre de la Défense. Les récentes frappes russes contre l'EI dans les secteurs d'Alep et d'Idlib, en Syrie, « sont bien la preuve qu'il y a de leur côté aussi une prise de conscience », estime Paris.

Soutien de l'Europe

La France a aussi obtenu mardi le soutien de ses partenaires européens, les ministres de la Défense de l'Union européenne, dans sa lutte contre le terrorisme. Réunis à Bruxelles, les États membres ont unanimement signalé leur soutien au président Hollande suite à une demande permettant d'établir l'aide que chaque pays est prêt à apporter.

C'est en vertu de l'article 42.7 du traité de Lisbonne, évoqué pour la première fois, que la France a formulé cette demande.

L'article définit que : « Au cas où un État membre serait l'objet d'une agression armée sur son territoire, les autres États membres lui doivent aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir, conformément à l'article 51 de la charte des Nations unies », a rappelé le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

Sur Twitter, M. Le Drian a écrit que l'aide de l'Europe pourra se traduire par un soutien accru en Syrie, en Irak et en Afrique.

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