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Pas de coopération militaire avec la Russie pour l'instant, dit le chef du Pentagone

La nouvelle ère de coopération entre Washington et Moscou promise par le président américain Donald Trump ne se concrétisera pas de sitôt, si l'on en croit les déclarations faites jeudi par deux des hommes forts de son administration.

Depuis le quartier général de l’OTAN, à Bruxelles, le secrétaire à la Défense, James Mattis, a affirmé qu’il n’y aura pas de collaboration à court terme avec les Russes sur le plan militaire, rejetant un appel en ce sens lancé un peu plus tôt par le président russe Vladimir Poutine.

« La question avec la Russie, c'est qu'ils doivent se conformer au droit international comme on l'attend de toute nation raisonnable sur cette planète », a commenté le chef du Pentagone, après avoir rencontré ses homologues de l’Alliance atlantique.

Nous ne sommes pas dans la position maintenant de collaborer au niveau militaire, mais nos dirigeants politiques vont échanger et essayer de trouver des terrains d'entente.

James Mattis

Selon M. Mattis, il s'agit de faire en sorte que la Russie « respecte ses engagements et revienne à un partenariat ou à une forme de partenariat avec l'OTAN ». Mais « la Russie devra d'abord s'en montrer digne », a-t-il ajouté.

Interrogé sur les accusations d'ingérence russe dans le processus électoral aux États-Unis, le chef du Pentagone a admis qu'il n'en doutait guère. « Actuellement, je dirais simplement qu'il y a très peu de doute que les Russes se sont soit immiscés, soit qu'ils ont tenté de s'immiscer dans un certain nombre d'élections dans des démocraties », a-t-il laissé tomber.

Son homologue russe, Sergueï Choïgou, avait exprimé un peu plus tôt la volonté de la Russie de reprendre une coopération militaire avec le Pentagone tandis qu'à Moscou, où il s'adressait à des membres du FSB, les services fédéraux de sécurité, Vladimir Poutine insistait sur la nécessité « dans l'intérêt de chacun de reprendre un dialogue entre les agences du renseignement des États-Unis et d'autres pays membres de l'OTAN ».

Tillerson prie Lavrov de respecter les accords de Minsk

Quelques heures plus tard, le secrétaire d’État Rex Tillerson est demeuré très circonspect au terme d’une première rencontre avec son homologue russe Sergueï Lavrov tenue en marge du sommet du G20, à Bonn, en Allemagne.

« Au moment où nous cherchons un nouveau terrain d’entente, nous nous attendons à ce que la Russie respecte ses engagements de l’accord de Minsk [sur la pacification dans l’est de l’Ukraine, NDLR] et contribue à la désescalade de la violence en Ukraine », a-t-il déclaré.

Les États-Unis considéreront travailler avec la Russie lorsque nous trouverons des champs de coopération qui profiteront au peuple américain. Lorsque nous ne verrons pas les choses d’un même œil, nous défendrons les intérêts et les valeurs des États-Unis et de nos alliés.

Rex Tillerson

M. Tillerson, connu pour les liens étroits qu'il a développés avec Moscou lorsqu'il était le patron d'ExxonMobil, a soutenu avoir abordé « plusieurs dossiers » où les deux pays ont des intérêts en commun lors de cette « rencontre productive », mais sans donner de précisions.

Sergueï Lavrov a pour sa part évoqué une rencontre « productive, pragmatique, ouverte », mais n'a pas été beaucoup plus bavard sur ce qui s'y est dit. Selon lui, les deux hommes ont notamment discuté de la situation en Syrie, en Ukraine et en Afghanistan.

Il est clair que nous ne pouvons pas régler tous les problèmes et je pense que de telles grandes puissances ne peuvent jamais complètement tout régler. Mais nous avons tous conscience que là où nos intérêts coïncident, et c'est souvent le cas, nous devons aller de l'avant.

Sergueï Lavrov

Le chef de la diplomatie russe a par ailleurs indiqué que la question des sanctions décrétées en 2014 par Washington après que Moscou eut annexé la Crimée, alors sous souveraineté ukrainienne, n'avait pas été discutée.

« Nous ne discutons pas des sanctions, nous partons du fait qu'il s'agit d'une anomalie et que ceux qui les ont décrétées doivent évaluer en quoi elles sont efficaces pour eux », a ajouté M. Lavrov, qui a souvent dit par le passé que les sanctions étaient plus néfastes pour ceux qui les imposaient que pour ceux qu'elles visent.

M. Lavrov a également indiqué que les présidents russe Vladimir Poutine et américain Donald Trump se rencontreront quand ils l'estimeront « possible ».

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