Après avoir perdu de nombreux appuis dans le monde des affaires à la suite de l'abandon de l'Accord de Paris et de son décret anti-immigration, voilà que les hésitations de Donald Trump à condamner clairement, dès le début, l'extrême droite pour les événements de Charlottesville poussent des PDG de grandes entreprises et le président du principal syndicat américain à démissionner de son comité présidentiel.

« Je démissionne du comité consultatif parce que c'est la bonne chose à faire », a écrit sur Twitter Scott Paul, président d'Alliance for American Manufacturing, une association de manufacturiers.

Quatre piliers du monde des affaires ont quitté le comité-conseil des exportations du président pour dénoncer la façon dont Donald Trump a réagi aux heurts survenus à Charlottesville, en Virginie, qui ont coûté la vie à une militante antiraciste. Ils ont été rejoints par le président du principal syndicat américain, l'AFL-CIO, Richard Trumka.

Donald Trump avait d'abord attribué samedi la responsabilité des violences aux deux côtés, ce qui avait choqué la classe politique. Il a finalement rectifié le tir lundi et qualifié le racisme de « diabolique », avant de faire volte-face mardi en blâmant de nouveau « les deux camps ».

Le PDG de la pharmacie Merck et seul membre noir du comité, Kenneth Frazier, a quitté le bateau lundi matin, avant que le président ne blâme les groupes d'extrême droite.

« Les dirigeants américains doivent honorer nos valeurs fondamentales en rejetant clairement les manifestations de haine et de sectarisme et toute revendication de suprématie qui nient l'idéal américain selon lequel tous les hommes ont été créés égaux », a-t-il indiqué dans un tweet diffusé sur le compte de Merck.

Le président a contre-attaqué à deux reprises sur Twitter, notamment en accusant Merck de faire grimper le prix des médicaments et de délocaliser les emplois hors du pays.

Puis, c’était au tour du grand patron et fondateur de l'équipementier sportif Under Armour, Kevin Plank, de tirer sa révérence du groupe de conseillers.

Son entreprise est « active dans l'innovation et les sports, pas dans la politique », a-t-il écrit dans une brève déclaration sur Twitter.

Il a été suivi peu après de Brian Krzanich, PDG du géant de puces informatiques, Intel.

Départ d’une icône de l’innovation américaine

« La politique et les programmes politiques ont mis de côté la mission importante qui consiste à reconstruire la base manufacturière de l'Amérique », a ensuite écrit le PDG d’Intel Brian Krzanich en annonçant sa démission du comité présidentiel sur le site de l'entreprise.

« Je ne suis pas un politicien, ajoute-t-il. Je suis un ingénieur qui a passé la majorité de sa carrière dans des usines qui produisent les appareils les plus avancés au monde. Mais encore là, il est clair que presque tous les enjeux sont maintenant politisés au point où le progrès n’est plus possible. »

Contre le décret anti-immigration

Ce n’était pas la première fois que Brian Krzanich d'Intel s’en prenait aux décisions de Trump. Le 7 février, son entreprise et une centaine d’autres faisaient valoir en justice que le décret anti-immigration était inconstitutionnel.

L’ancien PDG d’Uber, Travis Kalanick, avait quant à lui quitté le comité-conseil présidentiel peu après pour cette raison, après une pluie de critiques, certaines venant de conducteurs d’Uber d'origine étrangère.

« Rejoindre ce groupe n'était pas censé signifier mon soutien au président ou à son programme, mais malheureusement cela a été mal interprété », a-t-il dit.

Désaccord sur les réchauffements climatiques

L’abandon de l’Accord de Paris par l’administration Trump avait aussi déplu aux dirigeants de plusieurs multinationales américaines qui, après avoir pendant des années freiné les négociations sur le réchauffement, se sont lentement converties au combat climatique, dans un souci d'image autant que de rentabilité.

Le patron emblématique de Tesla et SpaceX, Elon Musk, de même que le PDG de Disney, Bob Iger, avaient annoncé qu'ils quittaient différents cénacles chargés de conseiller la Maison-Blanche.

« Le changement climatique est réel, avait dit Elon Musk. Quitter Paris n'est pas bon pour l'Amérique ni pour le monde. »

Dénoncer et rester sur le comité

Sur la vingtaine de membres issues du secteur privé, au moins sept entreprises ont choisi de dénoncer les événements racistes de Charlottesville tout en demeurant sur le comité consultatif.

« L'entreprise n'a aucune tolérance pour la haine, le fanatisme et le racisme », a indiqué General Electric dans un communiqué. Le conglomérat américain croit qu'il est important que son PDG Jeff Immelt reste sur le comité « pour participer aux discussions sur les façons de stimuler la croissance et la productivité aux États-Unis ».

Dow Chemical, Whirlpool, Campbell Soup, International Paper et Nucor ont émis des déclarations similaires.

Seul le constructeur d'ordinateurs Dell soutient qu'il n'y avait aucun changement dans la façon de traiter avec l'administration Trump.

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