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Pence conciliant avec l'UE, intransigeant sur l'OTAN

Le vice-président américain, Mike Pence, a assuré lundi à Bruxelles que Donald Trump était déterminé à « approfondir » la relation entre les États-Unis et l'Union européenne (UE) tout en exigeant des Européens qu'ils augmentent leurs dépenses de défense d'ici la fin de l'année.

Mike Pence s'est entretenu tour à tour dans la matinée avec Federica Mogherini, la haute-représentante de l'UE pour la politique étrangère et de sécurité commune, Donald Tusk, le président du Conseil européen, et Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne.

Puis, il a rencontré Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l'OTAN, organisation dont Donald Trump a publiquement estimé pendant la campagne qu'elle était « obsolète » tout en vantant les mérites du président russe, Vladimir Poutine, ce qui a suscité l'inquiétude en Europe, notamment dans les pays de l'Est, même si le président américain a depuis atténué ses propos.

Lors de sa visite au QG de l'OTAN, Mike Pence a réclamé à nouveau une contribution accrue des autres états membres de l'Alliance au financement de leur défense et souligné que Donald Trump attendait de « vrais progrès » à ce sujet d'ici la fin de l'année.

« Le secrétaire [à la Défense James] Mattis a exprimé très clairement la frustration du peuple américain [...] de voir que les pays européens sont à la traîne », a dit le vice-président, sans préciser ce que ferait Washington si la situation ne devait pas changer.

Les pays de l'OTAN ont accepté lors d'un sommet en 2014 de consacrer 2 % de leur PIB aux dépenses militaires d'ici à 2024, mais seuls quatre d'entre eux respectent cet objectif pour le moment (Grande-Bretagne, Grèce, Estonie et Pologne). L'Allemagne a promis de consacrer 2 milliards d'euros de plus que prévu à sa défense cette année.

« Traduire les paroles en actes »

Plus tôt dans la journée, Mike Pence avait adopté un ton plus conciliant lors de ses entretiens avec les dirigeants de l'Union européenne. « J'ai aujourd'hui le privilège, au nom du président Trump, d'exprimer l'attachement profond des États-Unis à la poursuite de la coopération et du partenariat avec l'Union européenne », a dit le vice-président américain dans un communiqué lu après l'entretien avec Donald Tusk.

Quelles que soient nos différences, nos deux continents ont un héritage commun, les mêmes valeurs et, par-dessus tout, la même volonté de promouvoir la paix et la prospérité grâce à la liberté, la démocratie et l'état de droit.

Mike Pence

Ce credo de Mike Pence, qui avait parlé un peu plus tôt d'« approfondir » les relations entre Washington et Bruxelles, a été accueilli avec prudence par ses interlocuteurs, qui n'ont pas oublié le soutien enthousiaste de Donald Trump au Brexit et ses attaques répétées contre le bloc communautaire et l'OTAN.

« Après une déclaration aussi positive, il appartient aux Européens comme aux Américains de traduire leurs paroles en actes », a commenté Donald Tusk, évoquant un triple engagement du vice-président américain en faveur d'un ordre international basé sur le respect du droit, d'une sécurité reposant sur l'OTAN et d'une Europe unie.

Jean-Claude Juncker a estimé de son côté que les États-Unis « ont besoin d'une Union européenne forte et unie sur tous les sujets ».

« Ce n'est pas le moment pour l'Europe de se diviser », a ajouté le président de la Commission européenne en guise de rappel aux Vingt-Sept, mais aussi à Donald Trump, qui a prédit que d'autres pays suivraient l'exemple de la Grande-Bretagne en quittant à leur tour l'Union européenne.

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