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Pénuries au Venezuela : des généraux contrôleront la distribution des biens

Le gouvernement du Venezuela a chargé samedi 18 chefs militaires de réguler la production, la distribution et la commercialisation de biens de première nécessité, dans le but de contrer les graves pénuries de nourriture et de biens au pays.

Cette pénurie, qui selon Datanalisis touche 80 % du pays, force depuis plusieurs mois les Vénézuéliens à faire la queue pendant des heures devant les supermarchés pour se procurer des denrées qui se raréfient.

Les hauts gradés militaires choisis par le ministre de la Défense assureront donc le contrôle des aliments de base, comme le riz, le café, la farine, le lait, la viande, les médicaments et les produits d'hygiène.

Le Venezuela traverse une période de récession économique engendrée par l'effondrement des prix du pétrole. Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une inflation de 700 % pour 2016.

Le président Nicolas Maduro, qui accuse les entreprises privées de contrôler 93 % de la distribution des produits de première nécessité, affirme que les militaires seront en mesure de réguler le marché.

« Ce semestre, nous allons enregistrer des niveaux d'approvisionnements supérieurs à ceux que nous avons présentés au premier semestre, et l'année prochaine, nous aurons une structure pour augmenter la production et améliorer la distribution », précise le ministre de la Défense, Vladimir Padrino López.

Pour sa part, l'opposition au gouvernement affirme que le problème de pénuries résident dans la production, à cause du manque de dollars pour importer les matières nécessaires.

Le président malmené par une foule en colère

Le président Nicolas Maduro, qui est impopulaire, réagit ainsi au vaste mouvement d'opposition à travers le pays qui réclame un référendum pour demander sa révocation et qui dénonce les nombreuses pénuries de nourriture dans le pays.

Le président a même été malmené par une foule de manifestants vendredi soir lors d'un grand rassemblement dans la ville de Porlamar, sur l'île de Margarita, dans la partie caraïbe du pays. Le président y inaugurait la construction de logements sociaux.

Une vidéo publiée en ligne dimanche montre que la foule en colère l'a encerclé, le forçant à fuir les manifestants.

« Il y a des rapports faisant état de violences policières », a indiqué l'ONG Provea.

Le ministre de la Communication et de l'Information, Luis Marcano, a accusé les médias d'avoir amplifié les événements.

À la suite de ces incidents, l'association de défense des droits de la personne Foro Penal Venezolano a annoncé l'arrestation d'une trentaine de manifestants.

Toutes ces personnes auraient été libérées par la suite, à l'exception d'un journaliste qui a diffusé sur Internet des vidéos de la manifestation, précise Foro Penal Venezolano.

Parallèlement, une manifestation lancée par l'opposition avait rassemblé jeudi dans la capitale plus de 1 million de personnes, selon les organisateurs. Le gouvernement avait estimé le nombre de manifestants à seulement 30 000.

Les expatriés manifestent

Par ailleurs, 3000 Vénézuéliens ont manifesté dimanche dans les rues de Madrid pour réclamer un référendum permettant de révoquer le président socialiste Nicolas Maduro. Madrid est l'une des villes du monde où vivent le plus de Vénézuéliens expatriés, avec Miami et Santa Cruz de Tenerife.

« Il n'y a pas de médicaments, pas de nourriture, les personnes âgées doivent se lever aux aurores pour faire la queue au magasin », s'indigne Lorena Monro, installée depuis 13 ans en Espagne et dont la famille vit à Maracay, dans le centre du Venezuela.

Karen Goncalves, 19 ans, a rejoint l'Espagne il y a trois mois « pour un meilleur avenir ». Dans sa ville d'origine, Valencia, « [sa] famille a des commerces, mais ils courent à la faillite, car il n'y a pas de marchandises, pas de devises... Il faut aller en Colombie pour acheter des choses à vendre dans les commerces », raconte le jeune homme.

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