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« Personne ne sortira vainqueur d'une guerre commerciale », lance Pékin à Trump

Le président chinois Xi Jinping s'est livré à une défense tous azimuts de la mondialisation et du libre-échange dans un discours très remarqué prononcé mardi devant le gotha de la finance mondiale, réuni dans une salle bondée du palais des congrès de Davos, en Suisse, à l'occasion du Forum économique mondial.

Devant quelque 3000 dirigeants économiques et politiques de la planète, M. Xi a mis de l’avant le rôle accru que son pays, le plus populeux de la planète, souhaite jouer dans la mondialisation, en mettant en garde contre toute tentation de repli.

L’ensemble a semblé constituer un avertissement à la future administration Trump, qui prendra le pouvoir vendredi aux États-Unis, même si M. Xi n'a jamais prononcé le nom du président élu.

« Nous devons rester attachés au développement du libre-échange [...] et dire non au protectionnisme », une approche économique qui revient à « s'enfermer dans le noir », a plaidé le numéro un chinois. « Personne ne sortira vainqueur d’une guerre commerciale ».

Que cela vous plaise ou non, l'économie mondiale est le grand océan auquel on ne peut échapper [...]. Toute tentative de stopper les échanges de capitaux, de technologies et de produits [...] est impossible et à rebours de l'histoire.

Xi Jinping

« La Chine gardera sa porte ouverte, ne la fermera pas [...] et nous espérons que les autres pays garderont eux aussi leur porte ouverte pour les investisseurs chinois avec un environnement équitable », a encore dit M. Xi dans ce discours, le premier prononcé par un dirigeant chinois au Forum économique mondial.

Le président chinois a également fait valoir qu’il ne « sert à rien de blâmer la mondialisation » pour les problèmes de chômage, de migrations ou encore pour la crise financière de 2008, plutôt attribuable selon lui à des « problèmes de supervision ».

Il a néanmoins admis que la mondialisation constitue une « lame à double tranchant », qui peut avoir des conséquences « négatives, et qu’il convient de « rééquiliber ».

Xi Jinping a aussi profité de l’occasion pour se porter à la défense de l’accord sur le climat de Paris, négocié en décembre 2015 avec l’administration Obama et qui pourrait être remis en question par l’administration Trump. Cet accord constitue « une victoire remportée avec difficulté », et tous les signataires « doivent s’y tenir », a-t-il lancé.

Trump en faveur d'échanges commerciaux « équitables », selon son conseiller

Lors d'une table ronde organisée peu après le discours de M. Xi, un conseiller du président élu Trump, Anthony Scaramucci, a souligné pour sa part que les élites mondiales doivent sortir de leur zone de confort et écouter la population s'ils veulent comprendre pourquoi Donald Trump a été porté au pouvoir ou pourquoi les Britanniques ont choisi de quitter l'Union européenne.

Selon lui, les plus riches de la planète ont grandement profité des mesures de relance économique adoptées par les banques centrales des plus grands pays dans la foulée de la crise financière de 2008, et ont maintenant retrouvé le niveau de vie qu'ils avaient au préalable. Les autres, dit-il, sont « en difficulté ».

Allez dans les prairies des États-Unis, ou peut-être à d'autres endroits en Grande-Bretagne ou en Europe. Vous les connaissez. Écoutez les gens. Collectivement, nous devons trouver les bonnes politiques.

Anthony Scaramucci

À son arrivée au palais des congrès de Davos plus tôt dans la journée, M. Scaramucci a soutenu que Donald Trump est bel et bien en faveur du commerce international, pourvu qu'il soit « équitable ». Selon lui, le président élu « ne parle pas d'isolationnisme ».

Il a aussi assuré ne pas avoir reçu de commande de son futur patron en vue du Forum économique mondial. Selon lui, M. Trump lui a dit : « Vas-y et fais un bon travail », sans plus. « C'est toujours ce qu'il dit : va faire du bon travail. »

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