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Poulet au formol et olives au sulfate de cuivre : Interpol saisit un record d'aliments contrefaits

Au terme d'une vaste enquête de trois mois, Interpol et Europol ont mis la main sur 10 000 tonnes de nourriture de qualité fort douteuse, contrefaite ou carrément impropre à la consommation.

Du sucre contaminé aux engrais, des olives « peintes » avec une solution de sulfate de cuivre pour en améliorer l'aspect, ou encore des intestins de poulet conservés dans le formol - interdit dans les additifs alimentaires; non seulement la liste des produits saisis est longue, mais elle a de quoi retourner le plus solide des estomacs.

Lors de cette enquête baptisée Opération Opson V, Interpol et Europol ont également fait main basse sur un million de litres d'alcool contrefait tel que du faux whisky en Zambie. Les deux organisations de police affirment avoir procédé à des arrestations, mais n'en précisent pas le nombre.

La première opération Opson, menée en 2011 en Europe, englobait 10 pays. Aujourd'hui, ce sont 57 pays à travers le monde qui reçoivent la visite d'inspecteurs bien déterminés à protéger la santé et la sécurité publiques.

Par voie de communiqué, Michael Ellis, chef de l'unité dédiée à la lutte contre le trafic de marchandises illicites au sein d'Interpol, a déclaré que « la nourriture et les boissons frelatées et de mauvaise qualité sont une menace réelle pour la santé et la sécurité ». M. Ellis, qui a coordonné l'action des divers corps de police ayant participé à ce coup de filet, déplore que les gens achètent cette nourriture sans se méfier.

Viande de singe, criquets et chenilles

Outre les 85 tonnes d'olives badigeonnées au sulfate de cuivre découvertes en Italie ou encore les 9 tonnes de sucre agrémenté d'engrais à Khartoum, au Soudan, les policiers ont aussi mis un frein à la distribution de 30 tonnes de boeuf et de buffle provenant de l'Inde, impropres à la consommation et destinées aux supermarchés.

En Belgique, les douaniers sont tombés sur plusieurs kilos de viande de singe tandis qu'en France, des policiers ont saisi, puis détruit, 11 kilos de criquets et de chenilles.

En Bolivie, un entrepôt contenant des milliers de conserves de sardines auxquelles on s'apprêtait à apposer des étiquettes arborant une marque renommée du Pérou a été découvert.

En Australie, de mauvais plaisantins ont empaqueté des arachides en faisant croire qu'il s'agissait de noix de pin, posant ainsi un risque sérieux pour les personnes souffrant d'allergies aux arachides.

Le Canada n'est pas à l'abri

Et, même si le Canada ne fait pas partie des pays visés par l'enquête d'Interpol et d'Europol, les consommateurs d'ici ne sont pas à l'abri du problème.

Au terme d'une autre enquête, le gouvernement italien a estimé que les Canadiens achetaient plus de 3 milliards de dollars d'aliments en apparence produits en Italie, mais qui ne l'étaient pas vraiment.

Récemment, l'agence canadienne d'inspection des aliments, en collaboration avec l'Université de Guelph, a lancé un projet pilote pour créer des codes barres pour les poissons et fruits de mer, une technologie qui pourrait être appliquée ailleurs.

Avec les informations de David Savoie

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