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Pour Trump, il est inutile de discuter avec la Corée du Nord

Discuter avec la Corée du Nord « n'est pas la solution » aux yeux du président américain Donald Trump, qui a laissé entendre dans un tweet, lundi, que la crise opposant Washington et Pyongyang ne pouvait se résoudre par des voies diplomatiques.

« Les États-Unis discutent avec la Corée du Nord et lui versent indûment de l'argent depuis 25 ans », a publié Donald Trump sur son compte Twitter. « Discuter n'est pas la solution », a-t-il écrit, sans toutefois proposer d'autre piste pour résoudre le conflit dans la péninsule nord-coréenne.Le président américain réagit ainsi au tir d’un missile au-dessus du Japon, effectué lundi par le régime de Kim Jong-un.

Sa déclaration vient contredire en partie les propos tenus mardi par l’ambassadrice des États-Unis à l’ONU, Nikki Haley, qui rappelait l’importance de continuer à travailler avec la Chine et la Russie afin que la Corée du Nord mette fin à son programme nucléaire.

Peu après la publication du tweet de Donald Trump, le ministre américain de la Défense Jim Mattis a tempéré les propos du président en déclarant que les États-Unis n’étaient « jamais à court de solutions diplomatiques ».

Depuis son arrivée à la Maison-Blanche, le président a martelé que les États-Unis ne laisseraient pas la Corée du Nord développer davantage son arsenal nucléaire.Peu après le test de lundi, Donald Trump avait affirmé que « toutes les options » étaient sur la table. Cette déclaration fait écho aux menaces déjà formulées par le président, qui avait déclaré au début du mois d'août que les « solutions militaires [étaient] complètement en place, chargées et prêtes à tirer » si la Corée du Nord se comportait « de façon imprudente ».

Les attaques répétées du président n’ont fait qu’alimenter les tensions avec la Corée du Nord, qui a multiplié les tests de missiles balistiques au cours des derniers mois. Pyongyang a même menacé de viser l’île de Guam, dans le Pacifique, qui abrite deux importantes bases militaires américaines.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a pour sa part condamné à nouveau le tir de missile nord-coréen, déclarant qu’il était de « première importance » que Pyongyang prenne des mesures immédiates pour calmer la situation.

Ses membres ont appelé tous les États à appliquer les sanctions déjà décidées par la communauté internationale à l'encontre de la Corée du Nord.

Argent versé « indûment »

Sur Twitter, Donald Trump a dénoncé l’argent versé « indûment » par les États-Unis au régime de Kim Jong-un, sans expliciter davantage.Or, bien avant l'arrivée au pouvoir du magnat de l'immobilier, les présidents qui se sont succédé à la Maison-Blanche ont tour à tour tenté de normaliser les relations avec la Corée du Nord.En 1994, les deux puissances avaient conclu un accord en vertu duquel Pyongyang s’engageait à interrompre le développement de son programme nucléaire en échange d’une aide économique.Les États-Unis auraient ainsi fourni 1,3 milliard de dollars américains à la Corée du Nord entre 1995 et 2008, dont un peu plus de la moitié en produits alimentaires et en sources d'énergie, selon un rapport du Congrès.

L’accord est toutefois devenu caduc après que la Maison-Blanche eut accusé Pyongyang de violer l’entente en continuant secrètement de développer son arsenal nucléaire.

D'autre part, à plusieurs reprises, Donald Trump n’a pas caché son agacement face à l’aide financière fournie par les États-Unis à la Corée du Sud et au Japon dans le dossier nord-coréen.« La Corée du Sud est une machine à sous, mais ils nous paient des miettes [pay us peanuts] pour la protéger » contre la Corée du Nord, avait-il déclaré en entrevue à CNN lors de la campagne présidentielle.

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