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Poutine essaie de briser l’OTAN, avertit l’aspirant chef du Pentagone

Tant le candidat choisi par Donald Trump pour prendre la tête du Pentagone - James Mattis - que celui favorisé par le président désigné pour diriger la CIA - Mike Pompeo - ont mis les élus du Congrès en garde contre les ambitions de la Russie, lors de leur audition de confirmation devant le Sénat.

L'ex-général James Mattis, choisi par Donald Trump pour diriger le Pentagone à titre de secrétaire à la Défense dans la prochaine administration, a déclaré jeudi au Congrès qu'il fallait prendre conscience que Vladimir Poutine tentait de briser l'Alliance atlantique (OTAN) dans le cadre d'une offensive plus large menée par différents acteurs contre la stabilité mondiale.

Le militaire issu du corps des Marines, qui était entendu par la commission sénatoriale des Forces armées, a également évoqué la politique de Pékin en mer de Chine méridionale, où les Chinois multiplient les aménagements et les agrandissements d'îlots pour affirmer leurs revendications territoriales.

Avec les activités de la Russie et la menace des extrémistes islamistes, a-t-il dit, la Chine s'inscrit dans une offensive croissante contre la stabilité mondiale.

[L’ordre mondial] est soumis à la plus grande attaque depuis la Deuxième Guerre mondiale, et elle est menée par la Russie, par les groupes terroristes et par ce que la Chine fait en mer de Chine méridionale.

L'ex-général James Mattis

« Je suis entièrement acquis au dialogue, mais nous devons aussi voir la réalité de ce que représente la Russie », a-t-il dit, ajoutant un peu plus tard lors de son audition que les menaces principales contre les intérêts vitaux des États-Unis « commençaient en Russie ».

Dans son propos liminaire, il avait indiqué: « Nous avons noué un dialogue avec la Russie même aux heures les plus sombres de la guerre froide, et je soutiens le désir du président élu de nouer un dialogue avec la Russie à présent ».

« Dans le même temps, lorsque nous identifierons d'autres domaines où nous ne pouvons pas coopérer, nous devrons affronter le comportement de la Russie et nous défendre si la Russie choisit d'agir à l'encontre de nos intérêts », a-t-il dit.

L'ex-général James Mattis a précisé devant les sénateurs que les domaines où la coopération était possible étaient en « nombre décroissant ».

Donald Trump, qui prêtera serment le 20 janvier, a admis mercredi, lors de sa première conférence de presse organisée en tant que président désigné, que la Russie était vraisemblablement à l'origine des cyberattaques contre la direction du Parti démocrate lors de la campagne présidentielle.

Mattis a évoqué l'implication russe dans ces cyberintrusions de même que dans la « guerre de l'information » au nombre des défis que soulève la Russie.

Il a aussi énuméré des violations de traités, des opérations de déstabilisation de pays tiers et les « messages alarmants émanant de Moscou concernant l'utilisation d'armes nucléaires ».

Le futur patron de la CIA place la Russie au rang des menaces

Mike Pompeo, choisi par Donald Trump pour diriger la CIA une fois le nouveau président investi, a lui aussi passé en revue les défis qui attendent les États-Unis lors de son audition de confirmation devant le Sénat, plaçant en bonne position dans cette liste la Russie aux côtés notamment de l'Iran et de la Chine.

Prenant le contre-pied du ton conciliant adopté par Donald Trump envers Moscou, l'élu républicain à la Chambre des représentants Mike Pompeo a déclaré que la Russie s'était « affirmée de manière agressive » en envahissant et en occupant une partie de l'Ukraine, et en menaçant ainsi l'Europe, tout en ne faisant « pratiquement rien » pour détruire l'organisation djihadiste du groupe armé État islamique (EI).

Il s'est aussi dit convaincu que les cyberattaques menées par des pirates informatiques russes pendant la campagne présidentielle américaine étaient le résultat « d'actions agressives » ordonnées au sommet de l'État russe. Il a jugé « solides » les conclusions des agences de renseignement en la matière.

Dans sa déclaration d'investiture, Mike Pompeo a souligné qu'il n'était pas du ressort de la CIA de décider de la politique des États-Unis envers un pays, mais il a jugé indispensable que l'Agence fournisse aux décideurs « des renseignements précis et des analyses clairvoyantes sur les activités russes ».

Mike Pompeo, qui est un élu conservateur du Kansas et membre de la commission du renseignement de la Chambre des représentants, a dressé une liste des défis qui attendent les États-Unis dans « l'environnement hostile le plus compliqué » qu'ils ont, selon lui, eu à affronter depuis longtemps.

Outre la Russie, il a cité l’EI qu'il a qualifié de « résilient » et les conséquences de la guerre en Syrie, mais aussi un Iran « conforté et perturbateur » au Proche-Orient, la Corée du Nord et sa course à l'armement, notamment nucléaire, ou encore la Chine, dont les activités en mer de Chine méridionale et le cyberactivisme créent de « vraies tensions ».

Pompeo est convaincu que Trump respectera la loi

Pour faire face à l'ensemble de ces défis, Mike Pompeo a exclu de revenir aux méthodes d'interrogatoires « poussées » utilisées à l'époque de l'administration de George W. Bush, comme la simulation de noyade (« waterboarding »), interdites depuis par Barack Obama.

Il a dit « ne pas imaginer » que Donald Trump puisse donner l'ordre à la CIA d'utiliser des méthodes illégales et a rappelé qu'il avait voté, en tant que représentant, en faveur du recours par l'Agence aux manuels de terrain de l'US Army, qui encadrent strictement ces activités.

Interrogé sur la guerre contre l'EI, il s'est dit favorable à une « stratégie intégrée » qui mettrait notamment l'accent sur la lutte contre le recrutement et d'autres activités, comme le financement, en dehors du Proche-Orient.

Évoquant l'accord sur le nucléaire iranien, il a jugé que le mécanisme d'inspection était « très bon » mais il a estimé que « les Iraniens sont des professionnels du mensonge » et doivent être surveillés de près pour éviter qu'ils ne violent les termes de l'accord.

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