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Poutine ordonne le retrait de l'essentiel des troupes russes de Syrie

Le président russe, Vladimir Poutine, a ordonné lundi le retrait de la majeure partie du contingent militaire russe déployé en Syrie. Cette annonce surprise survient au moment où débute, à Genève, un nouveau cycle de pourparlers de paix sur la Syrie sous l'égide de l'ONU.

Précisant que le retrait s'amorcerait mardi, le chef de l'État russe a invoqué l'atteinte des objectifs de l'intervention lancée l'automne dernier.

La base navale russe de Tartous et la base aérienne russe de Hmeymim, situées toutes deux dans la province syrienne de Lattaquié, continueront leurs opérations normalement, a précisé M. Poutine lors d'une réunion au Kremlin avec ses ministres de la Défense et des Affaires étrangères, Sergueï Choïgu et Sergueï Lavrov.

Le président russe a ajouté que la Russie allait intensifier ses efforts en vue de parvenir à un règlement négocié du conflit syrien, qui a fait plus de 250 000 morts depuis qu'il a commencé, il y a maintenant cinq ans.

Vladimir Poutine a téléphoné à son homologue syrien, Bachar Al-Assad, pour l'informer de sa décision de retirer la majeure partie des soldats russes déployés en Syrie, a précisé le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Au même moment où la Russie annonçait cette décision, la présidence syrienne a annoncé que Bachar Al-Assad et Vladimir Poutine avaient décidé de « réduire » la présence aérienne russe dans le pays lors d'une conversation téléphonique.

Cette décision s'inscrit « dans la continuité de la cessation des hostilités et conformément à la situation sur le terrain », mentionne cette déclaration, qui précise en outre que la Russie demeure engagée dans la lutte contre le « terrorisme ».

Les bombardements russes ont joué un rôle-clé dans la reprise par les forces gouvernementales de territoires qui avaient été perdus aux mains de différents groupes rebelles, notamment dans la région d'Alep.

À Genève, un porte-parole du Haut Comité de négociations, qui regroupe des rebelles sunnites appuyés par l'Arabie saoudite et la Turquie, a réagi en disant que le retrait russe, s'il se confirme, donnera une impulsion « positive » aux pourparlers de paix.

Du côté canadien, le ministre de l'Immigration, John McCallum, croit que l'annonce de ce retrait pourrait être une bonne nouvelle pour la Syrie, mais il dit qu'il est trop tôt pour confirmer que cela aura des résultats concrets. 

Le sort de Bachar Al-Assad plane sur les négociations

Un nouveau cycle de discussions indirectes s'est d'ailleurs ouvert lundi à Genève. L'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, qui orchestre ces pourparlers, a évoqué un « moment de vérité ». Le diplomate a dit espérer aboutir sinon à un accord, du moins à une « feuille de route claire ».

Aucune rencontre entre les belligérants n'est prévue pour l'instant, le diplomate onusien devant plutôt tenir des rencontres en alternance avec chaque délégation.

M. de Mistura a eu son premier entretien avec la délégation du régime, conduite par l'ambassadeur de la Syrie à l'ONU, Bachar Dja'afari. Ce dernier a indiqué lui avoir remis des « éléments de base pour une solution politique » et a évoqué un entretien « positif et constructif ».

Un deuxième entretien, prévu mardi, devrait se concentrer sur les questions essentielles, dont la transition politique, a précisé M. De Mistura.

« La mère de toutes les questions » est d'ailleurs de trouver un accord sur une transition politique, a-t-il affirmé. Toutes les parties en acceptent le principe, mais les divergences entourant le sort à réserver au président Bachar al-Assad menacent de faire capoter le processus.

Représentée par le Haut Comité des négociations (HCN), qui rassemble plusieurs groupes, l'opposition syrienne réclame le départ du président Assad, mort ou vivant, avant toute solution politique. Elle prône en outre la mise en place dans les six mois d'un « organe de transition » doté de tous les pouvoirs.

Pour Damas, il est hors de question de parler du sort du président Al-Assad. Le régime considère en outre la transition comme un simple remaniement ministériel avec un « gouvernement d'union » élargi à des opposants.

Le diplomate onusien a prévenu qu'en l'absence d'une réelle volonté de négocier des parties, il renverrait le dossier devant le Conseil de sécurité des Nations unies.

L'opposition doit à son tour rencontrer M. de Mistura mardi.

Ele s'était retirée des pourparlers le mois dernier, mais le contexte des nouvelles discussions de Genève est cette fois-ci très différent en raison d'une cessation des hostilités sur le terrain entre les rebelles et le régime, instaurée depuis le 27 février.

M. de Mistura a affirmé que les négociations seraient inclusives afin de donner à tous les Syriens la possibilité d'être entendus, ajoutant que la liste des participants serait « constamment révisée ».

La communauté kurde de Syrie est pour l'instant exclue des discussions, la Turquie, en conflit avec ses propres Kurdes, s'opposant à leur présence à Genève.

Selon l'émissaire de l'ONU, cette première série de discussions indirectes devrait s'achever aux alentours du 24 mars, suivie d'une pause de sept à dix jours. Une deuxième phase durerait ensuite deux semaines, suivie d'une autre pause avant une troisième série de pourparlers.

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