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Poutine pourrait-il être un médiateur dans les tensions avec la Corée du Nord?

Vladimir Poutine le répète, il s'oppose à l'imposition de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord en représailles à son dernier essai nucléaire. Le président russe multiplie les appels au calme alors que la tension monte en Asie. Quel rôle peut-il, ou veut-il, jouer dans ce dossier?

Alors que la Corée du Sud, les États-Unis, le Japon et plusieurs autres pays plaident en faveur de nouvelles sanctions économiques très dures contre la Corée du Nord, la Russie semble faire cavalier seul.

Vladimir Poutine ne croit pas que de nouvelles mesures de rétorsion permettent de régler le conflit.

Il dit craindre une catastrophe globale et lance un appel au calme.

« Plus que jamais, il est important pour tous de rester calmes et d’éviter de prendre des mesures qui mèneraient à une escalade des tensions. »

Jeudi, il a ajouté que la Corée du Nord ne renoncerait jamais à ses programmes nucléaires et balistiques, peu importe les pressions et les sanctions. Selon lui, les Nord-Coréens croient que s’ils font ce genre de concessions, « l’étape suivante, pour eux, est une invitation au cimetière et ils ne l’accepteront jamais ».

Alors que l’Europe le boude, le président Poutine soigne son image en Asie, où il est le bienvenu.

Selon l'analyste politique Masha Lipman, M. Poutine s’implique à fond dans ce dossier pour projeter l’image d’un leader modéré.

« Contrairement aux Américains, Poutine projette l’image d’un homme plus tolérant, plus intelligent, meilleur négociateur avec la Corée du Nord, que ce soit vrai ou pas, c’est en tout cas le message qu’il envoie », dit-elle . « Je crois que Poutine veut démontrer qu’il est un joueur incontournable sur la scène internationale et qu’on ne peut pas régler des problèmes, comme celui de la Corée du Nord, sans faire appel à lui. »

Pour l’instant, c’est l’impasse. Russes et Chinois ont demandé aux Américains et aux Sud-Coréens de cesser leurs manœuvres militaires dans la région, en échange d’un gel du programme nucléaire nord-coréen, mais sans succès. Personne ne bouge.

Du côté russe, on croit que les États-Unis profitent de cette crise pour vendre plus d’armes dans la région.

« Avec cette crise, la Corée du Sud finit par acheter pour quelques milliards de dollars d’armements des États-Unis. On peut penser que c’est pour cela que les Américains laissent pourrir cette situation, qu’ils isolent Kim Jong-un », soutient Alexey Muhin, vice directeur du Centre russe pour l'information politique.

Il ne croit pas que du côté nord-coréen, Kim Jong-un ira jusqu’à sacrifier son peuple en déclenchant une guerre suicidaire.

Depuis 2006, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté huit trains de sanctions contre la Corée du Nord, pour forcer ce pays à abandonner son programme d’armement nucléaire et de missiles balistiques. L’essai nucléaire de dimanche démontre bien, selon M. Poutine, que les sanctions ne fonctionnent pas.

Le président russe continue de croire au dialogue et se dit convaincu que, malgré les tensions entre Kim Jong-un et Donald Trump, on finira par trouver une issue pacifique à cette crise. Faisant visiblement allusion à l’entourage de Donald Trump, qui comprend des militaires chevronnés, Vladimir Poutine souligne qu'« il y a plusieurs personnes raisonnables dans cette administration qui ont de l’expérience et qui ont vécu des crises similaires. »

C’est lundi que le Conseil de sécurité de l’ONU doit se prononcer sur d’éventuelles sanctions contre la Corée du Nord. Et tous les regards seront tournés vers la délégation russe.

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