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Premier test à grande échelle pour un vaccin antipaludique

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) va lancer l'an prochain la première campagne de vaccination à grande échelle contre la malaria. L'OMS veut vacciner au moins 360 000 enfants contre le paludisme d'ici 2020 au Ghana, au Kenya et au Malawi.

Le vaccin en question, le Mosquirix (RTS,S/AS01), a été approuvé en 2015 par l'Agence européenne du médicament. Selon une étude publiée en 2016 dans The Lancet, les cas de paludisme ont été réduits de 39 % chez les enfants de moins de deux ans qui ont reçu quatre doses de ce vaccin.

Le paludisme est causé par des parasites Plasmodium qui sont transmis à l’homme par des piqûres de moustiques anophèles femelles infectés. Il existe cinq types de parasites responsables du paludisme chez l’homme; le Plasmodium falciparum et P. vivax étant les variantes les plus mortelles du parasite.

Comment fonctionne le vaccin?

Le RTS,S agit contre le Plasmodium falciparum.

L’anophèle femelle introduit dans la circulation sanguine de la salive contenant des parasites, appelés sporozoïtes. Le vaccin RTS,S contient certaines parties de la surface du sporozoïte et l’immunité qu’il induit peut entraver la capacité de ces parasites à se développer dans le foie, les rendant alors moins capables de se multiplier ensuite dans le sang.

Pour qui?

Le paludisme demeure un facteur majeur de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans et un enfant en meurt toutes les deux minutes.

C’est pourquoi le vaccin sera testé chez des enfants âgés de cinq à dix-sept mois pour vérifier si l'efficacité constatée lors des essais cliniques se répète sous des conditions réelles.

Quatre doses du vaccin doivent être injectées, soit à 5 mois, à 6 mois, à 7 mois et à 2 ans.

Le Kenya, le Malawi et le Ghana ont été choisis en raison des programmes de prévention et de vaccination robustes déjà en place.

Ce vaccin expérimental, mis au point par le géant pharmaceutique britannique GlaxoSmithKline (GSK) en partenariat avec l'ONG Path malaria vaccine initiative, pourrait être déployé plus largement si son innocuité et son efficacité sont jugées acceptables.

« Le vaccin, une arme parmi d'autres »

Le vaccin RTS,S a été créé en 1987, mais les premiers essais cliniques n’ont pas été suffisamment concluants. Il a fallu des dizaines d'années de travail pour améliorer son efficacité.

Pour l’instant, le vaccin agit au moins pendant 4 ans et demi. « Ce n'est pas un taux d'efficacité très élevé, mais quand on regarde le nombre de personnes touchées par la malaria, cela signifie que l'impact sera, quoi qu'il arrive, énorme », assure la directrice régionale de l'OMS en Afrique, la docteure Matshidiso Moeti.

Matshidiso Moeti croit que le vaccin pourrait sauver des dizaines de milliers de vies s'il est combiné aux mesures actuelles (insecticides dans les maisons, moustiquaires placés au-dessus des lits, médicaments antipaludiques).

On estime que 6,8 millions de décès ont été évités depuis 2001 grâce à ces mesures de protection. Mais la lutte contre le paludisme a été freinée au cours des dernières années, notamment par l’apparition dans quatre pays d’une résistance à l’artémisinine, le composé principal des médicaments antipaludiques.

D'autres vaccins sont en cours de développement, notamment le vaccin PfSPZ du laboratoire américain Sanaria.

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