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Première distribution de nourriture dans une zone dévastée en Haïti

Des habitants du sud-ouest d'Haïti ont reçu mercredi une quantité de nourriture, la première depuis le passage de l'ouragan Matthew dans le pays. Ce sont des milliers de personnes affamées qui vivent dans cette région dévastée par les intempéries.

Deux camions du Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU, chargés de sacs de riz, et deux autres appartenant à des organisations caritatives privées se sont rendus à Port-Salut et à Roche-à-Bateau, deux villes particulièrement touchées par l'ouragan.

Une quantité jugée insuffisante

À Port-Salut, les sinistrés qui attendaient cette première livraison sous un soleil de plomb ont confirmé leurs difficultés à trouver de la nourriture depuis que Matthew a ravagé leurs cultures, leur bétail et arbres fruitiers.

« On a besoin de manger, et aussi d'eau potable, et de tôle pour nos toits » , a déclaré Gedeon Rigab, 18 ans.

Des propos appuyés par le porte-parole du PAM, Alexis Masciarelli, qui souligne l'importance de fournir « une assistance alimentaire vitale aux sinistrés ».

Les sœurs du collège Saint-Dominique de Port-Salut, qui espéraient recevoir de la PAM quatre camions, en ont reçu un seul et ont jugé insuffisante la quantité distribuée

Les sacs de riz, destinés à nourrir une famille de quatre personnes pendant un mois, sont divisés pour faire des rations de trois jours.

Pour empêcher tout débordement ou bagarre, comme par le passé lors de telles distributions, seuls de petits groupes de personnes étaient autorisés à entrer dans l'enceinte de l'école pour recevoir leurs sacs de riz. Tout se passe sous la surveillance de policiers locaux.

Les autorités veulent une aide temporaire

Mardi, à la veille de la distribution, le président provisoire haïtien Jocelerme Privert, qui considère le passage de l'ouragan Matthew comme un « désastre écologique », sonnait l'alerte sur les conséquences de cette catastrophe.

Environ 200 cas de choléra ont été recensés depuis une semaine.

Le gouvernement, qui a lancé un appel à l'aide internationale, a envoyé dans les différentes régions touchées près de 40 conteneurs de provisions alimentaires qui ont coûté au trésor public plus de 400 000 $, a précisé M. Privert.

« Beaucoup d'organisations et de pays nous ont promis leur aide, certains l'ont fait en nature, mais, pour d'autres, il n'y a que des promesses qui ne se sont pas encore matérialisées », a-t-il fait valoir.

Toutefois, le président intérimaire a fait savoir que l'assistance humanitaire ne doit pas s'éterniser.

Le risque d'une répétition du fiasco de la période post-séisme de 2010, où seule une fraction de l'aide avait bénéficié aux victimes, est aussi dans les esprits des autorités nationales et des partenaires étrangers.

En référence à la mauvaise gestion de l'aide par les précédents gouvernements, M. Privert a réaffirmé le rôle premier de l'État haïtien dans la gestion de cette nouvelle crise humanitaire. « Il n'y a pas deux acteurs sur le terrain, mais un seul : l'acteur, c'est l'État », a-t-il insisté.

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