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Première rencontre au sommet entre les chefs espagnol et catalan

Le nouveau président socialiste du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, a reçu lundi le président de la Catalogne Quim Torra à sa résidence de Madrid, dans une première tentative de déblocage politique entre la région indépendantiste et le pouvoir central.

Les deux hommes se sont entretenus pendant plus de deux heures et demie, dans une atmosphère qualifiée de cordiale. Cette attitude tranche avec celle adoptée par l’ex-dirigeant espagnol Mariano Rajoy, adepte de la ligne dure envers les chefs indépendantistes.

Malgré l’ouverture du dialogue, les deux présidents sont restés campés sur leur position, M. Torra indiquant, par exemple, qu’il n’abandonnerait « aucune voie » vers l’indépendance.

« Toute solution passe par le respect du droit à l'autodétermination de la Catalogne. Le gouvernement catalan ne renonce à aucune voie pour parvenir à l'indépendance de la Catalogne », sous-entendu y compris la voie unilatérale, a insisté Quim Torra devant la presse.

Pourtant, peu de temps auparavant, la vice-présidente du gouvernement espagnol Carmen Calvo avait réitéré qu'un tel droit « n'existe pas » dans la Constitution espagnole. « Il y a très peu de choses à dire » sur le sujet, a-t-elle souligné. Pedro Sanchez a d'ores et déjà fait connaître son opposition à tout référendum comme à toute velléité de sécession.

En octobre dernier, au sommet d’une crise politique sans précédent dans l’histoire récente du pays, les élus indépendantistes catalans, majoritaires à la « Généralité », le parlement régional, ont déclaré unilatéralement l’indépendance de la plus riche région espagnole, à la suite d’un référendum jugé illégal par Madrid.

Les images de brutalité policière et de résistance pacifique des citoyens captées par les caméras déployées sur le terrain ont fait le tour du monde.

Les dirigeants indépendantistes ont par la suite été arrêtés, ou ont fui à l’étranger, à l’instar de l’ex-président Carles Puigdemont, qui attend toujours la décision de la justice allemande sur sa possible extradition vers l’Espagne. Accusés de « rébellion », M. Puigdemont et certains de ses anciens ministres risquent jusqu’à 30 ans de prison.

Mariano Rajoy avait alors mis en tutelle la Catalogne et démis ses élus de leurs fonctions, en vertu d’un article de la Constitution qui n’avait jamais été mis en application. La tutelle a été levée en juin lors de la prise de fonction de M. Torra.

Retour du forum interministériel

« Une crise politique requiert une solution politique. Cette réunion est un point de départ constructif pour normaliser les relations », a tweeté Pedro Sanchez en espagnol et en catalan à l'issue de la réunion.

Signe d’une volonté commune d’améliorer les relations entre les deux capitales, les deux hommes ont convenu de rétablir un forum interministériel portant sur des enjeux bilatéraux, tels que les questions de travail, de santé, d’environnement ou d’éducation. L’ex-président Rajoy avait mis un terme à ces commissions bilatérales en 2011, lorsqu’il avait accédé au pouvoir.

Ils ont aussi discuté de l'organisation d'une cérémonie commémorative conjointe à Barcelone, en hommage aux 15 personnes tuées dans les attentats islamistes en Catalogne en août dernier.

La prochaine rencontre entre les deux hommes aura lieu à Barcelone.

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