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Près de 100 000 civils « pris au piège », à Raqqa, en Syrie

Près de 100 000 civils sont « pris au piège » dans le principal bastion de l'EI en Syrie, assiégé depuis des semaines par les Forces démocratiques syriennes soutenues par les États-Unis, selon le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme.

Selon des données recueillies par le Haut-Commissariat, les conditions de vie sont des plus précaires pour ces milliers de civils souvent privés d’eau potable, de nourriture, de soins médicaux et qui servent par surcroît de boucliers humains aux djihadistes de l’EI.

Ils seraient près de 100 000 dans cette situation, selon les estimations des Nations unies.

Située dans le nord de la Syrie, sur les rives de l'Euphrate, la ville de Raqqa comptait environ 300 000 habitants avant la guerre, en majorité des Arabes sunnites.

La ville abritait aussi des milliers de chrétiens arméniens et syriaques et des Kurdes qui formaient 20 % de la population.

Première ville d’importance conquise en Syrie par l'EI en 2014, Raqqa est considérée comme la capitale des djihadistes dans le pays.

Une ville assiégée depuis des mois

Depuis le mois de novembre, Raqqa est la cible d’une vaste offensive des forces arabo-kurdes soutenues par Washington, ce qui accentue davantage la pression sur les habitants demeurés captifs dans la ville. Les Forces démocratiques syriennes (FDS) sont entrées dans la ville au début juin avec le soutien aérien et matériel des Américains.

« Le grand nombre de victimes civiles montre que les parties en présence doivent en faire beaucoup plus pour assurer la protection de la population civile », a-t-il ajouté. L’ONU réclame que les parties se conforment au droit international au sujet de la sécurité des civils lors de leurs opérations.

Zeid Ra'ad Al Hussein réclame par conséquent la mise en place de corridors sécuritaires à Raqqa afin de permettre aux civils d’évacuer les zones de combat.

Selon le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, il n’y a pas que les djihadistes de l’EI qui s’en prendraient aux civils. Les FDS « se seraient elles-mêmes rendues coupables de violations des droits de l'homme et d'abus de ces droits dans les zones qu'elles contrôlent, notamment dans la ville de Tabqa », constate le Haut-Commissariat.

L’ONU évoque des actes de pillage, d'enlèvements, de détentions arbitraires dans le cadre des opérations de filtrage, ainsi que de recrutement d'enfants.

Poursuite des bombardements à l'ouest de l'Euphrate

Pendant ce temps, à l’ouest de l’Euphrate, une trentaine de personnes ont été tuées lors de frappes aériennes contre le village de Dablan, rapporte l’Observatoire syrien des droits de l’homme(OSDH), un organisme basé à Londres.

D’après l’OSDH, qui documente la guerre civile syrienne grâce à des contacts sur le terrain, l’appartenance des avions qui ont mené le raid n’a pas encore été déterminée.

Mardi, le bombardement d'un bâtiment utilisé comme prison par le groupe État islamique par les FDS et leurs alliés américains a fait 57 morts à Al-Mayadine.

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