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Près de 400 Rohingyas périssent dans des combats avec l’armée birmane

Le Myanmar serait en proie à une catastrophe humanitaire, selon le secrétaire général de l'ONU, qui lance un appel au calme à la suite de nouveaux affrontements entre la minorité musulmane et l'armée, dans le nord-ouest du pays, qui ont fait, en une semaine, près de 400 morts dans le camp des Rohingyas.

Antonio Guterres s’est dit préoccupé par des informations faisant état d’excès durant les opérations menées par les forces de sécurité birmanes dans l’État de Rakhine. Ces violences ont poussé des dizaines de milliers de personnes à fuir vers le Bangladesh voisin, qui ne veut plus en accueillir et a fermé sa frontière.

Cela fait des années que des tensions entre musulmans et bouddhistes secouent le nord-ouest du Myanmar. Les Rohingyas sont considérés comme des étrangers dans ce pays à plus de 90 % bouddhiste, même si certains d’entre eux y vivent depuis des générations. Cette population de plus d’un million ne peut obtenir la nationalité birmane et ne peut se déplacer comme elle le veut dans le pays.

La situation s’est toutefois empirée depuis l’attaque, vendredi dernier, d’une trentaine de postes de police, revendiquée par un groupe d’insurgés, l’Arakan Rohingya Salvation Army (ARSA). L’armée birmane a lancé depuis lors une vaste opération dans l’État de Rakhine, pauvre et reculé.

L’armée accusée de commettre des exactions

Ces violences poussent la minorité musulmane à fuir le pays. Depuis vendredi dernier, plus de 38 000 personnes sont arrivées au Bangladesh et 20 000 seraient bloquées à la frontière, selon l’Organisation des Nations unies (ONU). Certains ont tenté de traverser à la nage ou à bord d’embarcations de fortune la rivière Naf qui sépare les deux pays.

Plus de 400 000 Rohingyas se sont déjà réfugiés au Bangladesh, lors de précédentes vagues de violence. En 2012, une fusillade sanglante avait forcé 100 000 Rohingyas à se réfugier dans des camps de déplacés où bon nombre d’entre eux vivent encore.

Des défenseurs des Rohingyas affirment que des forces de sécurité et des membres de groupes d’autodéfense ont attaqué et brûlé des villages rohingyas, tuant par balle des civils et poussant la population musulmane à fuir. Le gouvernement affirme pour sa part que ce sont les insurgés qui ont incendié des maisons et tué des membres de la communauté bouddhiste de l'État de Rakhine.

Ces informations provenant des deux camps sont difficilement vérifiables, étant donné que le gouvernement a interdit l’accès à la région aux journalistes depuis octobre dernier.

Les Rohingyas victimes d’un génocide, selon Erdogan

Le président turc n’a pas hésité à qualifier les violences au Myanmar de génocide, et de collaborateurs ceux qui ferment les yeux sur « ce génocide perpétré sous couvert de démocratie ». Recep Tayyip Erdogan entend aborder ce sujet lors de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, plus tard ce mois-ci.

Une commission internationale que dirige l’ancien secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a appelé récemment le Myanmar à octroyer plus de droits à sa minorité musulmane, sinon, « elle risquait de se radicaliser ».

Ce à quoi ne semble pas être prêt le pays, mené par l’ancienne dissidente et Prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, qui a accusé en début de semaine les « terroristes rohingyas » d’utiliser des enfants-soldats et de mettre le feu à des villages.

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