Retour

Présidentielle américaine : qu'arrive-t-il si un candidat se retire?

Jamais dans l'histoire politique américaine un candidat désigné à l'élection présidentielle n'a dû abandonner la course pour des raisons de santé. Et si ça devait se produire?

Un texte de Johanne Lapierre

Le cas d'Hillary Clinton, qui suspend ses activités de campagne pendant deux jours en raison d'une pneumonie, soulève un certain nombre de questions. Qu'arriverait-il si un candidat devait se retirer de la campagne en raison de problèmes de santé?

Scénario 1 : une absence de quelques jours

D'entrée de jeu, précisons que selon son porte-parole, Mme Clinton ne souffre d'aucun autre problème médical que la pneumonie diagnostiquée, et qu'elle devrait être de retour sur le terrain cette semaine. Dimanche dernier, elle a été victime d'un malaise attribué à la déshydratation, ce qui l'a forcée à quitter une cérémonie commémorative du 11 Septembre.

« Présentement, on parle d'un retrait de quelques jours, ce n'est rien a priori de catastrophique », analyse Christophe Cloutier-Roy, chercheur à l'Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand. Il n'est pas inédit, ajoute-t-il, qu'un candidat doive faire une interruption pendant sa campagne, par exemple pour des raisons personnelles.

« Hillary Clinton n'est pas seule dans cette course-là, il y a des gens qui peuvent se substituer à elle le temps qu'elle se rétablisse, s'il s'agit d'une absence de courte durée, disons dans un horizon d'une semaine maximum », précise M. Cloutier-Roy. Ainsi, son colistier, Tim Kaine, ou encore des ténors du Parti démocrate pourraient faire campagne en son nom si son absence avait à se prolonger de quelques jours.

Pour le chercheur, la grande médiatisation des campagnes électorales de nos jours laisse peu de latitude aux candidats, qui sont constamment au centre de l'attention. « C'est quelque chose de relativement nouveau et qui s'amplifie à chaque cycle électoral. À une certaine époque, un candidat pouvait s'absenter sans trop qu'on s'en rende compte. Mais dans la façon moderne de faire des campagnes, les candidats doivent être de plus en plus présents jour après jour. »

Scénario 2 : un retrait pour des raisons de santé

Chez les démocrates, le comité national du parti, qui compte plus de 400 personnes, est l'instance qui doit choisir un successeur à un candidat si ce dernier se désiste. Le candidat à la vice-présidence, en l'occurrence Tim Kaine, ou le dernier candidat de la course, pensons ici à Bernie Sanders, n'ont aucune position privilégiée dans ce processus.

Du côté républicain, deux choix sont offerts : le Comité national républicain pourrait lui-même élire un candidat par l'entremise d'un vote, ou les délégués du parti pourraient être appelés à voter lors d'une nouvelle convention.

« En pratique, ce serait très compliqué, mais ce n'est jamais arrivé auparavant, dit Christophe Cloutier-Roy. J'imagine qu'on se croise les doigts du côté des deux partis pour qu'un tel cas de figure ne survienne pas. »

Cet événement nuira-t-il à la campagne d'Hillary Clinton?

Si le candidat républicain, Donald Trump, se refuse à commenter la maladie de sa rivale démocrate, Hillary Clinton, il avait déjà remis en doute sa capacité d'occuper la présidence américaine en raison de sa santé fragile.

« C'est sûr que Mme Clinton est vraiment dans une situation très compliquée parce que d'un côté, si elle est malade, elle doit prendre du repos, c'est ce qui lui est prescrit. D'un autre côté, plus elle prend du repos, plus cela va donner du souffle à ce récit républicain selon lequel elle n'est pas assez en santé pour assumer les rênes du pouvoir », observe le chercheur. Celui-ci estime que des perceptions vont s'imprégner dans l'opinion publique.

« Il y a peut-être moyen de limiter les dégâts, mais c'est sûr qu'il va y avoir des répercussions d'une manière ou d'une autre sur la façon dont plusieurs Américains vont voir Mme Clinton. »

Christophe Cloutier-Roy croit que, de son côté, Donald Trump fait stratégiquement ce qu'il a à faire, soit laisser les médias exposer l'état de santé de Mme Clinton. « Il n'a rien à ajouter présentement. Ceci étant dit, si Hillary Clinton revient faire campagne et qu'on passe à autre chose, il faut certainement s'attendre à ce que Donald Trump, ou l'un ou l'autre de ses supporters, de manière plus ou moins subtile, ramène cet incident sur la place publique », conclut-il.

La présidentielle américaine 2016 - notre section spéciale

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un rottweiler goûte à du citron pour la première fois





Rabais de la semaine