Les primaires tirent à leur fin. C'est le dernier des « super mardis », où l'on vote dans six États. Techniquement, il restera aux électeurs de la capitale américaine à voter. Mais, comme l'identité des porte-étendards des deux partis est maintenant connue, on peut y voir la tombée du rideau sur une saison de primaires pour le moins surprenante.

Yanik Dumont Baron

  Une analyse de Yanik Dumont Baron

Surprenante, au point où l'on a appris à quelques heures de ce dernier super mardi qu'Hillary Clinton avait finalement assez de délégués pour remporter l'investiture démocrate. Elle sera donc la première femme candidate à la présidence. Historique. Mais Bernie Sanders est toujours dans la course. Il faut donc continuer de faire campagne. Jusqu'au bout.

Oui, ces calculs prennent en compte l'avis des super délégués, des non-élus, que le camp Sanders voit d'un mauvais œil. Mais ce sont les règles de ces primaires. Les règles qui s'appliquaient aussi quand la même Hillary Clinton a jeté l'éponge devant Barack Obama, en 2008.

Enlevez les super délégués du compte, comme le réclame Sanders, et l'ex-secrétaire d'État demeure en tête. Regardez uniquement le vote populaire : elle mène aussi. L'écart qu'elle a creusé avec Bernie Sanders est trop grand pour être comblé. Comme l'a si bien titré le Washington Post : Sanders fait très bien, mais trop tard.

L'espoir des partisans du sénateur du Vermont repose sur une question de perception. Il faut d'abord remporter la Californie, l'État le plus peuplé, le plus multiculturel du pays.

Ensuite, il faut convaincre les super délégués de changer de camp. D'aller à l'encontre de la volonté d'une majorité d'Américains. C'est possible, mais ça ne s'est jamais vraiment vu depuis que les super délégués existent.

Le suspense, donc, c'est de voir comment Bernie Sanders va réagir. Que va-t-il dire à ses partisans? Comment va-t-il mettre fin à une campagne aussi improbable qu'énergique, dynamique et inspirante pour des millions d'Américains? Comment convaincre les plus militants d'appuyer une Clinton en qui ils n'ont pas confiance? Un exercice qui s'annonce périlleux.

Bernie Sanders semble, lentement, marcher dans cette direction. À la veille de cette dernière série de primaires, il semblait prêt à jeter l'éponge en s'adressant aux journalistes. Il était plus énergique en s'attaquant à Donald Trump qu'en se défendant, qu'en tentant de convaincre qu'il pouvait encore l'emporter.

C'est tout à son honneur, et à celui de son message, qu'il fait durer le suspense aussi longtemps. Il y a à peine deux mois, on pensait que c'était chez les républicains que les choses ne seraient pas encore réglées. On imaginait une longue soirée californienne, dans laquelle chaque voix allait vraiment compter. Pas de suspense de ce côté.

Donald Trump est porte-étendard du Parti républicain depuis cinq semaines. Les forces qui voulaient bloquer sa candidature ont pratiquement fondu avec l'arrivée du beau temps. L'élu républicain le plus important, le président de la Chambre des représentants, a bien mis quatre semaines pour se ranger derrière lui. Mais Paul Ryan, comme la plupart de ses collègues, s'est aussi fait à l'idée.

Il n'y a pas vraiment eu de lune de miel entre le controversé milliardaire et son parti. Depuis qu'il n'a plus d'adversaire, Donald Trump s'est permis d'insulter quelques-uns de ses collègues. Des élus influents au sein de son propre parti. Il s'est aussi attiré bien des foudres en remettant en question l'impartialité d'un juge. Et pas n'importe quel juge : Gonzalo Curiel, celui qui préside un des recours collectifs intentés contre la « Trump University », une de ses défuntes entreprises.

Les parents du juge sont des Mexicains. Donald Trump croit que son jugement est entaché par ses origines. Qu'il tranche des points de droit en pensant au fameux mur que le candidat promet de construire à la frontière mexicaine. Et il en a rajouté : un juge musulman lui serait aussi défavorable.

Là-dessus non plus, il ne reste pas vraiment de suspense. Donald Trump ne changera pas, n'adaptera pas un style plus « présidentiel », moins combatif et plus poli, pour la prochaine phase de la campagne. Il l'a dit lui-même : « Vous pensez que je vais changer? Je ne changerai pas. »

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