Retour

Pyongyang défie Trump avec un premier tir de missile balistique

La Corée du Nord a tiré dimanche matin un missile balistique qui a atterri en mer du Japon, premier lancement de ce genre du régime communiste depuis l'investiture de Donald Trump à la présidence des États-Unis fin janvier.

L'équipe de Trump a réagi en faisant savoir que la réponse américaine serait graduée pour éviter de nouvelles tensions.

Il s'agissait d'une « version améliorée » d'un missile de type Musudan de portée intermédiaire, a indiqué l'état-major sud-coréen. Ce type d'engin est conçu pour parcourir 3000 à 4000 kilomètres. L'armée sud-coréenne avait auparavant évoqué un missile Rodong de moyenne portée (moins de 3500 km).

Le Pentagone a pour sa part précisé qu'il s'agissait d'un missile « de portée moyenne ou intermédiaire ». Il ne s'agit donc pas d'un missile balistique que Pyongyang a dit avoir l'intention de tester à un moment ou à un autre et qui serait susceptible de menacer les États-Unis.

Le projectile a été tiré peu avant 8 h 00 du matin (heure locale) d'un lieu appelé Panghyon, dans le nord-ouest de la Corée du Nord. Il a parcouru près de 500 kilomètres, selon l'état-major sud-coréen. Le dernier test de missile balistique de la Corée du Nord remontait à octobre.

« Selon nous, cela s'inscrit dans le cadre d'une démonstration de force en réaction à la ligne dure de la nouvelle administration américaine vis-à-vis du Nord », déclare l'état-major sud-coréen dans un communiqué.

Une source militaire sud-coréenne a indiqué que le missile a atteint une altitude de 550 km.

Ce lancement va permettre de tester l'engagement de Donald Trump, qui avait promis de se montrer dur envers le régime communiste de Kim Jong-un, qui a l'an dernier testé du matériel nucléaire et des missiles balistiques à un rythme sans précédent, en violation des résolutions des Nations unies.

Un membre de l'équipe gouvernementale américaine a indiqué que ce n'était « pas une surprise » et qu'une « provocation » nord-coréenne était attendue après la prestation de serment de Donald Trump.

« Le dirigeant nord-coréen aime attirer l'attention à des moments comme celui-ci », a dit le responsable américain.

Selon lui, la Maison-Blanche va étudier les différentes possibilités de réaction à ce tir, mais, précise-t-il, la réponse sera graduée pour éviter l'escalade, parce que Pyongyang n'a pas réalisé de nouvelle explosion nucléaire.

Les États-Unis vont en outre demander à la Chine, principal allié de la Corée du Nord, d'accentuer la pression sur son voisin, a-t-il ajouté, conformément à des déclarations précédentes de Donald Trump, qui avait dit que Pékin n'avait pas fait suffisamment sur ce front-là.

Le premier ministre japonais, Shinzo Abe, en visite aux États-Unis, a condamné le tir nord-coréen, qu'il a qualifié « d'absolument inacceptable ». La Corée du Nord doit se conformer aux résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, a-t-il dit.

Je veux que tout le monde sache, et sache clairement, que les États-Unis sont avec le Japon, notre grand allié, à 100 %.

Le président américain Donald Trump

Parmi les réponses possibles que vont soupeser Trump et son équipe figurent de nouvelles sanctions financières à l'encontre de Pyongyang ou un renforcement de la présence militaire aérienne et maritime américaine dans la région ou encore l'accélération du déploiement du nouveau système américain antimissile Thaad, en Corée du Sud, a indiqué le responsable américain, qui s'exprimait sous le sceau de l'anonymat.

Dans son discours du Nouvel An, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a annoncé qu'un essai de missile intercontinental était imminent et les médias officiels ont prévenu qu'un tir était possible à tout moment.

Donald Trump avait alors tweeté : « Cela ne se produira pas! », mais ses conseillers n'ont jamais dit comment les États-Unis s'y prendraient pour empêcher ce tir.

Le républicain Donald Trump a promis d'avoir vis-à-vis de la Corée du Nord une politique plus affirmée que celle dite de « patience stratégique » de son prédécesseur démocrate Barack Obama, mais il lui reste à expliciter ce en quoi elle consiste.

La Corée du Nord a tenté de lancer un missile intermédiaire Musudan par huit fois l'an dernier, mais les tentatives ont presque toutes échoué. Un des lancements, qui a envoyé un missile sur une distance de 400 km, soit un peu plus de la moitié de la distance qui sépare la Corée du Nord du Japon, a été considéré comme un succès en Corée du Sud et aux États-Unis.

Pyongyang a effectué en 2016 deux essais nucléaires et plusieurs essais de missiles, ce qui a fait dire aux experts que le pays progressait en puissance militaire.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Qu’est-ce que le fétichisme des pieds?





Rabais de la semaine