Retour

Qatar : Washington envoie des signaux contradictoires

Des déclarations quelque peu divergentes émanant de Washington s'enchaînent, au sujet du Qatar, qui fait l'objet d'un blocus de l'Arabie saoudite et de ses alliés. Une conclusion claire s'est tout de même imposée vendredi : le petit émirat est appelé à combattre l'extrémisme.

Lors d'une conférence de presse à la Maison-Blanche, vendredi, le président Donald Trump s'est montré très dur quand il a accusé Doha d'avoir soutenu le radicalisme, lui enjoignant d’arrêter « immédiatement ».

Plus tôt cette semaine, M. Trump avait déjà pris le parti de l'Arabie saoudite dans une série de messages publiés sur Twitter.

Le secrétaire d’État Rex Tillerson a pour sa part fait preuve de plus de retenue et a demandé à l'Arabie saoudite, à Bahreïn, aux Émirats arabes unis, à l'Égypte et au Yémen d’alléger leurs sanctions contre le Qatar. Il a déploré les conséquences du blocus sur les populations civiles et même estimé qu’il nuit, dans les faits, à la lutte contre le groupe armé État islamique (EI).

Un porte-parole du Pentagone, Jeff Davis, a expliqué qu'une base militaire américaine au Qatar risque d’être affectée par ce blocus. « Si les opérations actuelles sur la base d'Al-Udeid n'ont pas été interrompues ou restreintes, la situation en cours gêne notre capacité à planifier des opérations militaires à long terme », a-t-il indiqué.

La base d'Al-Udeid, avec ses 10 000 soldats, constitue l’une des pièces maîtresses des États-Unis dans la région. « Le Qatar reste essentiel aux opérations aériennes de la coalition pour combattre l'EI et dans la région », a fait valoir M. Davis.

M. Tillerson a néanmoins lui aussi réclamé du Qatar qu’il en fasse plus pour combattre le terrorisme.

Relations interrompues

Lundi, l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Émirats arabes unis, l'Égypte et le Yémen ont suspendu leurs relations diplomatiques et tous leurs échanges avec le Qatar, à qui ils reprochent de « soutenir le terrorisme ». Selon eux, Doha entretient des liens avec des organisations terroristes et des groupes sectaires qui veulent déstabiliser la région, dont les Frères musulmans, Al-Qaïda et l’EI, de même qu’avec l’Iran.

Cette décision est intervenue deux semaines après que M. Trump, alors en visite à Riyad, eut demandé aux pays musulmans d’adopter une approche plus musclée contre le radicalisme et le terrorisme.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, l'Arabie saoudite et ses alliés ont rendu publique une liste de 59 personnes et de 12 groupes « liés au Qatar et au service d'un programme politique suspect du Qatar » et dont la Banque centrale des Émirats arabes unis a ordonné le gel des avoirs.

Ces accusations sont « sans fondement », a rétorqué Doha.

À la recherche de soutien

Le Qatar tend des perches à l’étranger, espérant trouver quelques appuis, notamment en Allemagne et en Russie.

Le cheikh Mohamed ben Abderrahmane Al-Thani, chef de la diplomatie qatarie, qui avait déjà assuré qu’il n’est pas question de laisser la situation dégénérer en conflit armé, a effectué une visite inattendue à Berlin, vendredi, et il prévoyait se rendre à Moscou samedi. Des responsables qataris ont de plus affirmé qu’il a discuté au téléphone avec Rex Tillerson.

« Il y a présentement des efforts de pays amis pour limiter la crise », a assuré M. Al-Thani depuis la capitale allemande. Son homologue allemande Sigmar Gabriel a confirmé que des pourparlers sont en cours, en concertation avec divers alliés de la région de même qu’avec Washington.

L’Iran, dont les liens avec le Qatar semblent faire partie du problème, a dit être prêt à l’approvisionner par bateau.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine