Retour

Quand la Russie intervient pour séparer Ankara et Damas en Syrie

La Russie est intervenue pour faire cesser des combats dans le nord de la Syrie entre l'armée syrienne et les rebelles syriens soutenus par la Turquie, apprend-on auprès des deux camps.

Il s'agit du premier affrontement entre les deux parties belligérantes qui luttent chacune de leur côté contre le groupe armé État islamique (EI) dans le secteur.

L'accrochage entre forces gouvernementales syriennes, soutenues notamment par la Russie, et les rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL), épaulés par Ankara, a eu lieu jeudi dans un village situé au sud-ouest d'Al Bab, ville tenue par le groupe armé État islamique.

La Russie et la Turquie soutiennent des camps opposés dans la guerre civile en Syrie, mais les deux pays ont néanmoins commencé à coopérer. Ils ont notamment mis en place une trêve entre les forces du président syrien, Bachar Al-Assad, et les rebelles qui le combattent, et travaillé ensemble à relancer le processus de paix.

Un responsable d'une alliance militaire combattant en soutien au gouvernement syrien a confirmé l'accrochage. « Les Russes sont intervenus pour contrôler la situation », a-t-on déclaré sous le sceau de l'anonymat.

Feu en retour

Deux représentants des rebelles ont accusé les forces gouvernementales, qui sont soutenues à la fois par des milices iraniennes et des combattants libanais issus du Hezbollah, d'être à l'origine de l'incident.

L'un d'eux affirme que les chars des forces gouvernementales se sont déplacés dans leur direction.

« Les rebelles ont tiré pour les prévenir de ne pas aller plus loin, mais le char a répondu et des heurts ont éclaté », a déclaré le premier responsable.

« La Russie est ensuite intervenue pour calmer le jeu », a-t-il ajouté. « On aurait dit que cet incident était un test. »

Un deuxième commandant rebelle, de la zone d'Al Bab, a déclaré : « Ils ont ouvert le feu et on a fait feu en retour. »

Des blindés ont été repris aux forces gouvernementales, ont indiqué les deux commandants rebelles. La Russie n'a pas fait de commentaires.

On ne sait pas si les heurts décrits par les deux camps ont eu lieu au même endroit que la frappe aérienne russe qui a tué par erreur trois militaires turcs jeudi.

La Turquie et ASL ont instauré une zone tampon de fait dans les territoires pris au groupe armé État islamique dans le nord de la Syrie depuis août dans le cadre de l'opération « Bouclier de l'Euphrate ».

Le groupe ASL-Turquie a lancé une offensive pour prendre Al Bab en décembre et a accentué la pression cette semaine en entrant dans les faubourgs de la ville.

De son côté, l'armée syrienne de Bachar Al-Assad avance elle aussi rapidement vers la ville. Elle est à quelques kilomètres de sa banlieue sud.

Le premier ministre turc, Binali Yildirim, a déclaré cette semaine que les combats avec les forces syriennes avaient pu être évités grâce à une coordination internationale, notamment entre la Turquie et la Russie.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Les glucides mettent-ils notre santé en jeu?





Rabais de la semaine