Le président américain Donald Trump est arrivé jeudi matin à Davos, en Suisse, où il participera au Forum économique mondial. Il est le premier président américain à s'y rendre depuis Bill Clinton en 2000. Comment son style provocateur et son discours protectionniste seront-ils reçus dans l'univers très consensuel de Davos, où se multiplient les tables rondes sur les bienfaits du libre-échange?

« Ce ne sera pas précisément une audience bien disposée » envers le président américain, estime William Alan Reinsch, du Center for International and Security Studies (CISC), un organisme de recherche à but non lucratif basé à Washington.

Selon lui, le président Trump se jette dans la gueule du loup en raison de ses politiques protectionnistes qui tranchent avec l’ouverture économique démontrée par l’élite mondiale rassemblée à Davos.

Le retrait des États-Unis du Partenariat transpacifique et de l’Accord de Paris, ainsi que sa menace de sortir de l’ALENA, en plus des nouvelles barrières tarifaires sur les machines à laver et les panneaux solaires asiatiques, sont des initiatives qui contrastent grandement avec les discours sur la coopération internationale entendus à la grande messe du libéralisme.

« Nous ne croyons pas que l’isolationnisme va nous faire avancer », a d'ailleurs indiqué, mercredi à Davos, la chancelière allemande Angela Merkel.

Les critiques envers les politiques commerciales de Donald Trump ne seront peut-être pas très audibles à Davos.

Selon le site Politico, plusieurs personnes présentes au Forum ont exprimé leur soutien à la réforme fiscale du président américain qui, selon elles, va stimuler l’économie américaine et la croissance mondiale.

« Si vous supprimez les tweets ridicules de Trump, c'est en fait une bonne année pour le monde des affaires », a déclaré Raymond Nolte, directeur associé de SkyBridge Capital, un fonds spéculatif basé à New York qui gère des actifs de plus de 10,7 milliards de dollars américains.

« Il a fondamentalement accompli une réforme majeure », dit-il.

Juste avant de s’embarquer pour la Suisse, Donald Trump avait d’ailleurs tweeté se rendre à Davos « pour raconter au monde à quel point l'Amérique est formidable et comment elle va bien ».

Pour Ralph Hamers, directeur général d'ING Group, une institution financière internationale d'origine néerlandaise, sa visite recevra toutefois « un accueil mitigé à cause de ses politiques d'America First (l'Amérique d'abord) ». « Mais pour beaucoup d'entreprises, ses politiques ont été très favorables. C'est pourquoi vous voyez les marchés bien se porter. »

Des gens d’affaires à Davos sont toutefois atterrés par la participation de Donald Trump au Forum, notamment ceux en provenance d'Afrique, dont certains États ont été traités de « pays de merde » par le président américain plus tôt ce mois-ci.

« En tant que leader mondial, les États-Unis ont perdu beaucoup de reconnaissance, uniquement à cause du leadership actuel », a déclaré Joel Motsweng Baepi, du cabinet sud-africain Old Mutual.

Les quelque 3000 chefs d'entreprises ou dirigeants politiques présents à Davos devront toutefois patienter jusqu'à vendredi pour savoir ce que Donald Trump a à leur dire cette fois-ci.

Après quoi, le président américain doit s'entretenir avec son homologue britannique, Theresa May, le chef du gouvernement israélien, Benyamin Nétanhayou, ainsi que le président rwandais, Paul Kagame.

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