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Quel pays rapporte le plus de trophées de chasse au lion? La réponse en carte

La mort du lion Cecil au Zimbabwe a fait les manchettes des médias à travers le monde. Mais le dentiste américain qui a tué la bête au début du mois, Walter James Palmer, est loin d'être le seul à vouloir s'offrir un tel trophée de chasse, l'un des plus prisés.

Un texte d' Éric Larouche

C'est aux États-Unis que l'on a importé légalement le plus de trophées de chasse au lion au cours des 30 dernières années, selon les données compilées par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES).

Depuis des années, des voix s'élèvent pour protéger davantage le lion d'Afrique, dont la population a chuté de près de moitié en 25 ans. Les estimations varient de 40 000 à moins de 20 000 bêtes en liberté. Depuis une dizaine d'années, le lion africain est sur la liste des espèces en danger de l'Union internationale de conservation de la nature.

La destruction de son habitat, la chasse et le braconnage menacent cette espèce.

Tuer un lion peut coûter de 7000 $ à 50 000 $, selon Mario Huot, propriétaire de l'entreprise de safari Aventures Express, suivant la taille et le sexe du félin. Il est légal de rapporter chez soi un trophée de cette chasse, sauf en Australie. Il peut s'agir de la peau, des griffes, de la tête ou du corps tout entier qui sera empaillé.

Les Américains sont de plus en plus nombreux à rapporter de tels trophées depuis une quinzaine d'années.

Pour consulter cette infographie sur votre appareil mobile, cliquez ici.

Les données de la CITES révèlent que le Canada figure au 8e rang des pays qui ont importé des trophées de chasse au lion depuis 30 ans.

Que faire avec la chasse au lion?

Au début de l'année, l'Australie est devenue le premier pays à bannir l'importation de différentes parties du lion. Avant même que l'Américan Walter James Palmer tue Cecil, certaines associations de défense des animaux réclamaient que les États-Unis imitent l'Australie.

Depuis quelques jours, les pressions s'accentuent. Un sénateur démocrate, Robert Menendez, vient de présenter un projet de loi pour empêcher la chasse aux trophées d'espèces menacées, comme le lion africain.

Pour le propriétaire de l'entreprise de safari Aventures Express, Mario Huot, le problème n'est pas la chasse en tant que telle, qui est encadrée et contrôlée, mais plutôt ceux qui agissent dans l'illégalité. « On devrait se révolter contre le braconnage », dit-il.

Une peau de lion peut se vendre environ 3300 $ au marché noir. Les os de la bête sont aussi populaires en Chine, au Laos et au Vietnam pour leurs prétendues vertus médicinales, les os de tigres ou les cornes de rhinocéros étant devenus trop rares.

Jeudi, l'Assemblée générale des Nations unies adoptait d'ailleurs une résolution encourageant les pays à « prendre des mesures efficaces pour prévenir et combattre » le braconnage et la contrebande d'espèces menacées comme le lion, les éléphants ou encore les rhinocéros.

Reste à voir si les pays modifieront les pratiques et règlements à la suite de la mort du lion Cecil.

Le Canada, quant à lui, prend part au processus de la CITES, qui évalue la possibilité d'imposer un contrôle plus sévère du commerce des produits du lion, a confirmé Environnement Canada.

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