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Quelles sont les principales crises mondiales? La réponse en carte

La principale crise qui occupe en ce moment les travailleurs humanitaires est celle qui se déroule en Syrie, mais c'est loin d'être la seule. Dans le monde, plus de 90 millions de personnes auront besoin d'aide cette année, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA). État des lieux. 

Un texte de Ximena Sampson

En Syrie, plus de 13 millions de personnes sont touchées par la guerre qui ravage le pays depuis 2011. Le conflit déborde même dans les États voisins, qui doivent faire face à un afflux de réfugiés.

Au moins 5 millions de personnes ont été déplacées, des quartiers entiers de grandes villes ont été détruits, dont des écoles et des hôpitaux.

Selon les organisations humanitaires, la Syrie a régressé de 40 ans depuis le début de la crise. L'espérance de vie des Syriens a chuté de plus de 20 ans et le taux de scolarisation, de 50 %. Quelque 2 millions d'enfants ne fréquentent plus l'école.

« La crise en Irak et en Syrie, c'est vraiment une guerre civile », soutient Kyle Matthews, directeur adjoint à l'Institut montréalais d'études sur le génocide et les droits humains à l'Université Concordia.

L'Afghanistan est également très problématique. Les civils fuient les combats, ce qui crée d'importants déplacements de population au sein du pays.

Comme dans plusieurs autres régions en crise, les travailleurs humanitaires peuvent être victimes d'attaques et d'enlèvements.

Des crises oubliées

On entend peu parler du conflit au Yémen, même si le nombre de victimes est très élevé. Les civils sont majoritairement touchés. On estime que 83 % des Yéménites ont besoin d'aide humanitaire. « C'est un carnage », s'insurge Pierre Beaudet, professeur adjoint au département de Développement international et mondialisation de l'Université d'Ottawa.

Depuis mars 2015, l'Arabie saoudite combat les rebelles houthis aux côtés de l'armée yéménite et on n'entrevoit pas de solution à court terme. « L'opposition est fragmentée et il n'y a pas d'action multilatérale ni de tentatives de négociation », soutient M. Beaudet.

Afrique subsaharienne

Une autre région fortement touchée par les crises est l'Afrique subsaharienne.

Dans la région du Sahel, la sécheresse sévit de façon récurrente. Au nord du Nigeria et au Cameroun, ce sont les attaques de Boko Haram qui font fuir les populations. La République démocratique du Congo et le Soudan sont enlisés dans des conflits depuis des décennies.

Enfin, du côté de la Corne de l'Afrique, la Somalie, l'Érythrée et l'Éthiopie sont instables depuis des années. Cette crise devrait pourtant attirer un peu plus l'attention, soutient Pierre Beaudet. « À force de s'enfoncer dans la déstabilisation, ça devient dangereux. La Somalie est en train de contaminer le Kenya, l'Érythrée contamine le Soudan et un peu l'Éthiopie. »

Le rôle des agences

Face à toutes ces demandes, les agences humanitaires sont parfois débordées.

« Elles sont un peu comme des chiens dans un jeu de quilles, soutient M. Beaudet, à essayer de faire du mieux qu'elles peuvent. Mais elles ne peuvent pas s'adresser aux causes. »

Qui plus est, quand les crises durent longtemps, il devient plus difficile de solliciter les donateurs, explique Kyle Matthews. Ils se plaignent de ne pas voir de résultats et, le cas échéant, de la corruption des gouvernements locaux. « C'est vrai qu'après un bout de temps, les donateurs sont moins intéressés », ajoute-t-il. « On le voit au Soudan, en Afghanistan et au Congo, par exemple. »

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