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Quels pays sont gouvernés par des femmes? La réponse en carte

Hillary Clinton a manqué son rendez-vous avec l'histoire pour devenir la première femme à la tête des États-Unis, mais d'autres ont réussi ailleurs dans le monde. Coup d'œil sur le pouvoir au féminin et les retombées du revers de Mme Clinton.

Un texte d'Alain Labelle

Margaret Thatcher au Royaume-Uni, Benazir Bhutto au Pakistan et Dilma Vana Rousseff au Brésil. Plusieurs femmes politiques ont marqué l'histoire, ancienne et récente, mais elles ne sont actuellement que 16 élues à la tête d'un des 193 pays reconnus officiellement par l'ONU.

Ce chiffre représente moins de 10 % des leaders mondiaux, et les exemples restent peu nombreux. Il y a bien la chancelière allemande Angela Merkel ou la présidente du Liberia, Ellen Johnson Sirleaf.

Une réalité difficile

Pour Andréanne Bissonnette, de l'Observatoire des États-Unis à la Chaire Raoul-Dandurand, la campagne présidentielle d'Hillary Clinton a montré encore une fois comment il est plus difficile pour une femme de se présenter à la tête d'un gouvernement. L'exemple de la couverture médiatique, qui n'est pas selon elle la même selon le sexe du candidat, est encore d'actualité en 2016.

Il y a, encore aujourd'hui, une réalité médiatique et sociétale qui décourage les femmes de se présenter en politique, selon Mme Bissonnette. Elle ajoute qu'il existe un sexisme latent important dans la population américaine.

L'impact d'une défaite

La défaite d'Hillary Clinton ne devrait pas décourager d'autres femmes à tenter de prendre les rênes de leur État, pense la chercheuse.

« Le fait qu'elle ait remporté le vote populaire est une donnée qui est importante et significative », d'après Mme Bissonnette. Ce résultat, ajoute-t-elle, devrait convaincre ceux qui ne pensaient pas que les Américains étaient prêts à élire une femme à la présidence.

Les Américains ne sont pas nécessairement contre le fait d'avoir une femme comme présidente. « Peut-être bien que c'est Hillary Clinton en tant que personne, indépendamment de son sexe, qui a joué », avance la chercheuse.

Des compétences au carré

Le président Barack Obama a affirmé à plusieurs reprises lors des dernières semaines que Hillary Clinton était probablement la personne la plus qualifiée de l'histoire à briguer la présidence américaine.

Ainsi, une femme doit prouver qu'elle est plus que qualifiée, alors que, pour un candidat masculin, 44 autres hommes sont passés par là avant lui.

Femmes de fer

Les femmes au pouvoir doivent souvent adopter une certaine attitude pour obtenir le respect de leurs collègues sur une scène internationale où existent encore le sexisme et la misogynie. 

Mme Bissonnette donne l'exemple de Pauline Marois qui n'était pas considérée comme une femme dure.

Un pouvoir exercé différemment?

Il existe cette idée selon laquelle l'expérience de vie différente des femmes se traduit par un style différent de pouvoir et que cela a un effet sur la façon de faire de la politique. « Il n'existe pas assez d'exemples à l'heure actuelle pour tirer des conclusions », affirme la chercheuse Andréanne Bissonnette.

Une chose est certaine, c'est que la présence des femmes en politique change le discours et la façon d'aborder les questions sociales.

Par exemple, un parlement uniquement masculin n'abordera pas de la même façon le droit de vote des femmes, l'avortement ou la contraception.

Des femmes autour du globe

La présence des femmes chefs d'État est particulièrement notable en Europe, le continent qui possède le plus de politiciennes. Deux exemples : la présidente Kolinda Grabar-Kitarovic, en Croatie, et la femme la plus puissante de la planète, la chancelière Angela Merkel d'Allemagne.

En Asie, de nombreux pays sont ou ont été menés par des femmes. C'est le cas de la première ministre Sheikh Hasina du Bangladesh et de la présidente Park Geun-hye de la Corée du Sud. En Amérique du Sud, les grands pays ont tous été menés par des femmes dans le passé, de l'Argentine au Brésil.

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