Tous les projecteurs sont braqués sur Carly Fiorina depuis le deuxième débat des candidats à l'investiture républicaine en prévision de l'élection présidentielle de 2016 aux États-Unis.

Un texte de Christian Latreille correspondant à Washington

La seule femme en lice chez les républicains a profité des 23 millions de téléspectateurs branchés sur CNN, mercredi soir, pour se faire connaître. Sa solide performance et ses répliques assassines à Donald Trump, entre autres, pourraient la faire grimper dans les intentions de vote au cours des prochains jours. Tout le monde n'en avait que pour Fiorina le lendemain. Elle était jusque-là très peu connue du grand public américain.

Depuis, elle est accueillie en « rock star » dans les assemblées partisanes, comme en Caroline du Sud, où elle a reçu une ovation monstre, vendredi soir. Ses organisateurs doivent maintenant réserver de plus grandes salles, et les émissions de variétés se l'arrachent. Lundi, Carly Fiorina sera au Tonight Show, animé par l'humoriste Jimmy Fallon. 

Carly Fiorina est avant tout une femme d'affaires qui n'a jamais été élue. Sa tentative de devenir sénatrice en Californie, en 2010, a échoué. Elle est diplômée en philosophie de l'Université Stanford et en administration de l'Université du Maryland.

Des compressions difficiles à assumer

En 1999, Carly Fiorina est devenue PDG du géant informatique Hewlett-Packard (HP), poste qu'elle a occupé jusqu'à son congédiement, en 2005. Son passage a été marqué par la fusion avec Compact et la mise à pied de 30 000 employés, ce qui lui a valu 40 millions de dollars en indemnités de départ.

C'est cette performance mitigée à la tête de HP qui a fait dire à Donald Trump, en plein débat, qu'elle serait incapable de diriger ses entreprises. Fiorina s'est défendue en disant que la compagnie a quadruplé ses revenus sous sa direction.

Mais une vérification de faits démontre que si son ex-entreprise a vu ses revenus bondir sous sa gouverne, les profits, eux, ont diminué de 700 millions de dollars, et n'ont recommencé à augmenter seulement qu'après son départ.

Le bilan de femme d'affaires de Carly Fiorina est maintenant sous le radar de toute la presse américaine. On pourrait y découvrir d'autres squelettes dans son placard, mais la principale intéressée ne semble pas impressionnée par ce début de chasse aux sorcières.

Une femme d'affaires, une globe-trotter, une battante

Carly Fiorina se présente comme une battante. Cette Texane répète qu'elle a toutes les compétences nécessaires pour devenir présidente des États-Unis. Elle répète sans gêne qu'elle aussi a fait le tour du monde, et que Hillary Clinton devrait savoir que voyage n'est pas synonyme d'accomplissements, faisant référence aux nombreux déplacements internationaux de l'ex-secrétaire d'État.

Dans sa vie personnelle, elle a combattu un cancer du sein, il y a cinq ans. Elle a aussi dû traverser l'épreuve de la mort de la fille de son conjoint.

La candidate se distance des politiciens de carrière. Elle écrit sur son site web que les pères fondateurs des États-Unis n'ont jamais voulu créer une classe de politiciens professionnels comme celle qui occupe le pouvoir à Washington. Elle est contre l'avortement, pour une réforme de l'immigration et souhaite réinvestir dans l'équipement militaire.

Carly Fiorina pourrait-elle devenir la meneuse dans cette course à l'investiture républicaine? Pour l'instant, elle est troisième en vue des primaires au New Hampshire, en février, derrière Trump et Ben Carson.

À en juger par l'aversion que semble avoir l'électorat républicain pour les politiciens de Washington, tout semble possible pour celle qui, le temps d'un débat, aura réussi à faire dévier l'attention médiatique que Donald Trump monopolisait depuis le début de l'été.

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