Traître et opportuniste, ou jeune surdoué? Le candidat à la présidentielle française Emmanuel Macron ne laisse personne indifférent.

Pour ses partisans, il incarne le renouveau et fait souffler un vent d’optimisme sur une classe politique sclérosée. Pour ses pourfendeurs, il est plutôt un stratège machiavélique qui a su appliquer les techniques du marketing à sa campagne politique.

Emmanuel Macron sera, à 39 ans, le plus jeune président français de l’histoire. Il a déjà bouleversé les usages avec sa carrière météoritique. Presque inconnu il y a trois ans, il est maintenant aux portes de l’Élysée, ayant su rallier autour de lui 8,5 millions de Français qui lui ont accordé leur vote lors du premier tour.

Le chouchou des médias a fait preuve d’un instinct politique hors normes, jouant ses cartes de manière à monter les échelons à une vitesse prodigieuse. « Je reste un outsider », affirme-t-il en se présentant comme un candidat antisystème, qui n'a encore jamais été élu, et qui veut transcender les clivages entre la gauche et la droite.

En fait, il a suivi un parcours somme toute assez classique chez les représentants de l'élite française, étudiant à l’École nationale d’administration (ENA), qui forme la plupart des dirigeants. Auparavant, il a obtenu des diplômes en philosophie politique et en sciences politiques.

Plusieurs lui reprochent son passage à la banque Rothschild, où il a travaillé pendant quatre ans, devenant millionnaire grâce à des opérations fructueuses. Emmanuel Macron assume. « J'ai gagné de l'argent et j'en suis très fier », affirmait-il en entrevue au journal Le Monde.

Son entrée en politique, il la fait aux côtés des socialistes, en 2012, lorsqu’il est nommé secrétaire général adjoint de l’Élysée. Propulsé ministre de l’Économie en 2014, il s’est surtout fait connaître grâce à la « loi Macron », qui a notamment assoupli l’ouverture des magasins le dimanche. Cette réforme de tendance libérale ainsi que d’autres prises de position ont fait en sorte que ses collègues l’ont classé plutôt dans l’aile droite du Parti socialiste.

C’est après s’être heurté aux difficultés de la réforme qu’il dit avoir souhaité lancer son propre parti politique, pour changer fondamentalement le système. En marche! se veut non partisan, « ni de droite ni de gauche », alors que Macron lui-même se réclame du centre progressiste.

Partisan de l'Europe, il propose de renforcer ses institutions, notamment en mettant sur pied un budget de la zone euro, dirigé par un ministre de l'Économie et contrôlé par un Parlement. « Quitter l'Europe serait la ruine de la France », a-t-il déjà déclaré.

Marié à son ancienne enseignante de théâtre, Brigitte Trogneux, de 24 ans son aînée, et qu’il fréquente depuis l’adolescence, il n'a pas d'enfants.

La France doit être une chance pour tous.

Slogan de campagne d'Emmanuel Macron

Quelques propositions tirées de son programme :

  • Investir 50 milliards d'euros, dont 15 milliards pour la formation et 15 milliards pour la transition écologique.
  • Baisser l'impôt sur les sociétés de 33,3 % à 25 %.
  • Supprimer la taxe d’habitation pour 80 % des foyers.
  • Réduire les dépenses publiques de 60 milliards d'euros en cinq ans.
  • Supprimer 120 000 postes de fonctionnaires.
  • Constituer un seul régime unifié de retraite
  • Favoriser la création de microentreprises.
  • Augmenter le budget de la défense pour atteindre 2 % du PIB en 2025.
  • Créer un service militaire obligatoire et universel d’un mois afin de prévoir un corps de réserve.
  • Créer 10 000 postes de policiers et de gendarmes.
  • Engager 4000 nouveaux enseignants et accorder plus d’autonomie aux établissements scolaires.
  • Diminuer le nombre d’élèves par classe dans les zones défavorisées.
  • Renforcer l’Union européenne, notamment en engageant 5000 nouveaux garde-frontières et garde-côtes et en créant un Fonds européen de défense pour financer des équipements militaires communs.

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