La deuxième tentative sera-t-elle la bonne? Jamais Marine Le Pen, fille du leader historique du Front national (FN), n'aura été aussi près de son rêve d'accéder à la présidence. Retour sur son parcours et ses projets.

« On naît la fille de Le Pen, on meurt la fille de Le Pen », a-t-elle déjà déclaré sur un plateau de télévision. Pour autant, au fil des dernières années, elle a progressivement pris ses distances de ce père devenu encombrant.

Dès l’adolescence, Marion Anne Perrine (de son vrai nom) accompagne Jean-Marie Le Pen en campagne. Puis, à 18 ans, elle joint le Front national. Après des études en droit, elle devient conseillère juridique pour le parti.

En 1993, alors qu’elle a 24 ans, elle se lance en politique, se présentant aux élections législatives à Paris. Elle arrive troisième, avec 11 % des voix.

Elle est élue lors de sa deuxième tentative, en 1998, et devient conseillère régionale du Nord-Pas-de-Calais sur la liste frontiste. Elle sera réélue en Île-de-France en 2004 et de nouveau dans le Nord-Pas-de-Calais en 2010.

En 2000, elle crée l’association Générations Le Pen, dont la mission est de « normaliser » le parti. Déjà, Marine Le Pen sait qu’il lui faut en partie renier l’héritage paternel pour pouvoir accéder un jour au pouvoir.

C’est en 2002, à l'occasion de la campagne présidentielle de son père, qu’elle se retrouve pour la première fois sous le feu des projecteurs. Ses interventions médiatiques lui permettent de se faire connaître d’un plus vaste public.

Élue députée européenne en 2004 (un poste qu’elle occupe toujours), elle mène la campagne de Jean-Marie Le Pen lors des élections de 2007.

Puis, en 2011, elle lui succède, devenant la présidente du Front national. Un parti qu’elle renouvelle à son image : elle prend ses distances avec l’antisémitisme et le négationnisme du fondateur.

Si elle garde les éléments constituants du Front national – soit le rejet de l’immigration et l’accent mis sur la sécurité –, Marine Le Pen tente de prendre ses distances de l’extrême droite associée à la collaboration. Elle se positionne clairement contre l’Union européenne et contre l’islamisme, ainsi qu'en faveur de l’interventionnisme étatique et du protectionnisme.

Cette stratégie fonctionne, puisqu’elle permet au parti d’atteindre un score historique – 17,9 % des voix – à l’élection présidentielle de 2012, durant laquelle elle arrive troisième (derrière François Hollande et Nicolas Sarkozy).

Un résultat que la « fille du diable » compte bien améliorer cette année, après des élections régionales où son parti a obtenu 27 % des voix. Qualifiée au deuxième tour comme son père en 1995, elle doit maintenant convaincre les électeurs de ses rivaux que le Front national est bel et bien prêt à prendre et à assumer le pouvoir.

Marine Le Pen a été mariée et divorcée deux fois. Elle a trois enfants, dont des jumeaux (issus de son premier mariage, avec Franck Chauffroy). Elle est aujourd’hui en couple avec Louis Aliot, vice-président du FN.

Les principales propositions de Marine Le Pen :

  • Tenir un référendum sur la sortie de l’Union européenne dans les six mois suivant son élection.
  • Suspendre les accords de Schengen et rétablir les contrôles aux frontières.
  • Expulser tous les étrangers fichés S (c’est-à-dire jugés potentiellement menaçants pour la sécurité de l’État).
  • Retirer la nationalité française aux binationaux liés à une filière djihadiste et les expulser.
  • Limiter l'immigration à 10 000 personnes par an.
  • Abroger l'aide médicale aux étrangers en situation illégale.
  • Recruter 15 000 policiers et gendarmes, ainsi que 6000 douaniers.
  • Créer 40 000 places en prison sur 5 ans, rétablir les peines planchers, supprimer les remises de peine automatiques et instaurer une peine de prison à perpétuité incompressible.
  • Abroger la loi sur le mariage entre couples de même sexe.
  • Baisser de 10 % des trois premières tranches de l’impôt sur le revenu.
  • Taxer à 35 % les produits des entreprises qui délocaliseront leurs usines.
  • Rétablir la retraite à 60 ans (elle est actuellement à 62 ans).
  • Augmenter le budget de la Défense à 2 % du PIB.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine