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Qui sont les principaux exportateurs de chocolat? La réponse en carte

Pour certains – petits et grands – Pâques rime avec chocolat. Quels pays exportent cet aliment, qui, soyons honnêtes, ne requiert aucune occasion spéciale pour être dégusté? Portrait dans lequel s'imposent certaines évidences, mais qui réserve aussi quelques surprises.

Un texte de Sophie-Hélène Lebeuf

Lapins en chocolat au lait, tablettes de chocolat noir, boîtes de chocolats fins, cacao en poudre et autres délices chocolatées : il s'est exporté, en 2015 sur la planète, pour 25,7 milliards de dollars américains de chocolat et autres préparations alimentaires contenant du cacao, rapporte le Centre du commerce international (CCI). C'est 5,4 milliards de kilogrammes de chocolat qui ont ainsi traversé les frontières, indique l'organisme, lié à l'ONU et à l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Si la géographie a fait de certains pays d'Afrique, d'Amérique latine et des Caraïbes les champions de la production de cacao, l'histoire a fait des pays occidentaux les principaux exportateurs de chocolat.

Les cinq premiers joueurs mondiaux, l'Allemagne en tête, contrôlent ainsi plus de la moitié du marché d'exportation du chocolat, indique le CCI.

« Pour comprendre où on est aujourd’hui, il faut regarder vers le passé », explique d'emblée Jordan Le Bel, professeur de marketing alimentaire à l'Université Concordia, à Montréal, et spécialiste passionné du chocolat.

« À travers ses colonies, la Belgique avait accès aux fèves de cacao », dit-il du deuxième exportateur mondial, dont la réputation en ce qui a trait au chocolat n'est plus à faire.

Souvent, une innovation technologique n’est pas étrangère à l’importance d’un pays sur les marchés internationaux. C'est en Suisse – qui compte le géant Nestlé – « qu'on a inventé une façon d'incorporer le lait dans le chocolat », souligne M. Le Bel.

Et le processus d'extraction qui permet de produire une poudre de cacao a été mis au point par un Néerlandais. « On voit d'ailleurs aux Pays-Bas une production plus élevée de cacao en poudre et de produits dérivés, surtout du chocolat soluble à boire », précise M. Le Bel.

L'Italie a de son côté mis au point le gianduia, une préparation chocolatée dans laquelle une partie du cacao est remplacée par des noisettes. C'est l'une des spécialités de l'entreprise italienne Ferrero, qui fabrique notamment le Nutella.

La place de l'Allemagne comme premier exportateur mondial peut cependant surprendre. « On va y voir en amont plusieurs manufactures aux noms pas nécessairement connus, qui transforment le cacao et font des marques maison pour d’autres entreprises, dit l'expert de l'Université Concordia. En transformation alimentaire, l'Allemagne est aussi une force technologique qui fabrique de l'équipement [servant à la fabrication du] chocolat. »

« En Angleterre », où sont nées Rowntree’s et Cadbury (des entreprises de chocolat dit d’entrée de gamme), « le chocolat était une calorie peu coûteuse pour nourrir les ouvriers durant la révolution industrielle », explique Jordan Le Bel.

Les États-Unis ont pour leur part attiré des industriels européens qui ont amené avec eux leur savoir-faire, mais il ne faut pas oublier Milton Hershey, ajoute-t-il.

Aujourd'hui, les deux principales entreprises de confiseries chocolatées, Mars et Mondelez International, sont américaines.

C'est d'ailleurs des États-Unis que provient majoritairement le chocolat qui entre au Canada. En 2015, leur part dans les importations canadiennes a dépassé 60 %.

Avec des importations totalisant 965 millions de dollars américains, le Canada était en 2015 le 6e plus grand importateur de chocolat.

Le Canada parmi les grands joueurs mondiaux

Mais le Canada en exporte encore davantage. Selon le ministère fédéral du Commerce international, ses exportations de chocolat et autres produits dérivés du cacao ont atteint, l'an dernier, 2 milliards de dollars canadiens (environ 1,5 milliard de dollars américains).

En 2015, grâce à des ventes à l'étranger de 1,4 milliard de dollars américains – soit 5,3 % des exportations mondiales  –, le pays se classait au 8e rang mondial, indique le CCI.

Une performance largement expliquée par le principal importateur, les États-Unis, où sont acheminées 96,5 % des exportations canadiennes de chocolat.

À l’origine de près de 60 % des exportations canadiennes de chocolat, le Québec est à ce chapitre la locomotive du pays. Le Québec bénéficie de la présence de grands joueurs, comme la multinationale suisse Barry Callebaut (qui compte une usine à Saint-Hyacinthe) et l'entreprise belge Belcolade, qui est présente à Montréal, précise Jordan Le Bel. « Belcolade ne produit pas directement pour la consommation, mais va vendre aux industriels », explique-t-il.

« Les bleuets du lac Saint-Jean dans le chocolat voyagent énormément », ajoute M. Le Bel.

Fondée à Vancouver, Purdy's, ainsi que Ganong, au Nouveau-Brunswick, « offrent aussi des produits de qualité qui s’exportent très bien, souligne-t-il. Ce sont tous des produits qui nous font rayonner. »

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