Cuba est en pleine mutation. L'île socialiste se trouve au coeur d'une tornade technologique, sociopolitique et économique qui pourrait modifier son visage et avoir un impact majeur sur l'avenir du pays et de la région. Une équipe de Radio-Canada y restera un mois pour mesurer l'ampleur de ces changements.

Un texte de Martin Movilla, envoyé spécial à Cuba

L'année 2016 a commencé sous de bons auspices. Les négociations historiques avec les États-Unis, annoncées en décembre 2014, ouvrent la porte à la fin de l'embargo économique imposé par les Américains. Le secteur touristique est en plein essor : 2015 a été une année historique, avec plus de 3,5 millions de touristes.

Les changements des dernières années ont permis à des centaines de Cubains de s'aventurer dans les activités commerciales privées, dans le commerce, la production agricole, la restauration et la location de résidences pour touristes.

Dans ce contexte, les autorités cubaines montrent des signes d'ouverture. C'est l'occasion pour notre équipe de fonctionner comme un bureau de correspondants pendant un mois afin de parler de tous les sujets qui touchent la vie des Cubains.

Des changements difficiles, mais réalisables

Plusieurs analystes, opposants, organisations non gouvernementales, leaders politiques et dirigeants économiques considèrent que les changements à Cuba s'avèrent plutôt cosmétiques et insuffisants. D'autres personnalités et spécialistes, ainsi que des opposants, croient que Cuba est sur le bon chemin.

Les transformations ne seront pas faciles. Malgré ses réussites dans les domaines éducatif, médical, scientifique, touristique, culturel et social, Cuba doit vivre avec les conséquences des années vécues sous un embargo économique imposé et un système rigide et communiste, dans un monde majoritairement capitaliste.

À cause de l'embargo et d'une gestion peu efficace de son administration, l'île accuse aujourd'hui un retard important en matière de technologie et de communication. Le pays doit notamment faire augmenter les salaires et la production locale, et revenir à une seule monnaie.

Quant à la question politique, le peuple espère voir plus d'ouverture et de liberté d'expression, un mouvement amorcé il y a plusieurs années.

Le congrès du Parti communiste, en avril, sera aussi pour les autorités cubaines une occasion de poursuivre sur le chemin du changement, d'envisager des transformations constitutionnelles et de préparer le pays pour ce qui s'en vient : l'après-Castro. Raul Castro prendra sa retraite dans moins de 24 mois et Cuba sera laissé entre les mains des nouveaux dirigeants.

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