Retour

Raif Badawi continue de susciter le malaise en Arabie saoudite

Près de six ans après l'incarcération de Raif Badawi, il est toujours très délicat de discuter de cette situation en Arabie saoudite. C'est ce que soutient l'envoyée spéciale de Radio-Canada, Marie-Eve Bédard, au terme d'un séjour dans ce pays.

Un texte de Geneviève Proulx

« Si vous voulez un malaise immédiat, il suffit de prononcer le nom de Raif Badawi. Que ce soit du côté des autorités, de toutes les instances officielles, comme des militants des droits de la personne, des gens qui sont connus pour faire des revendications, pour demander plus de liberté de parole. Personne n'ose se prononcer », indique-t-elle dans une entrevue accordée à Chantal Rivest et qui sera diffusée au Téléjournal Estrie lundi.

Des gens lui ont toutefois dit, de façon anonyme, qu'ils souhaitaient voir Raif Badawi être libéré. « Même des gens de la Commission des droits de la personne (qui est affiliée au gouvernement), sans vouloir être nommés ou accorder d'entrevue à la caméra, nous ont dit qu'il devrait être un cas prioritaire de pardon. Personne n'accepte de confirmer que son pardon était à l'étude en ce moment », soutient la correspondante au Moyen-Orient.

Même son père, qui avait été instrumental dans les démêlés avec la justice de Raif Badawi, n'a pas voulu accorder d'entrevue à la journaliste.

Du côté des autorités, on refuse également de parler publiquement de la situation du blogueur. « Sauf pour dire que si l'Occident et les médias cessaient de parler de Raif Badawi, peut-être que ça pourrait lui être bénéfique et qu'on le libérerait de façon discrète, sans avouer s'être trompé », dit-elle.

Marie-Eve Bédard rappelle que plusieurs prisonniers d'opinion qui ont été libérés depuis ne peuvent pas parler publiquement ou à des médias et ni quitter le pays. « C'est le cas de la soeur de Raif [Samar Badawi] qui est une grande militante des droits de la personne qui a été arrêtée au cours de la dernière année et qui a été détenue, en prison, avec un enfant. Elle a été libérée depuis, mais dans ses conditions de remise en liberté, on lui interdit de parler ou de quitter l'Arabie saoudite.[...] C'est très difficile de parler avec des gens qui acceptent d'être cités des droits de la personne et de la liberté d'expression en Arabie saoudite. »

Raif Badawi a été condamné à 10 ans de prison, 1000 coups de fouet et 290 000 $ d'amende. Il a reçu 50 de ces coups de fouet, mais la sentence a depuis été suspendue en raison de son état de santé.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Trop mignons ces animaux qui font dodo





Rabais de la semaine