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Record d'audience historique pour le premier débat des républicains

Vingt-quatre millions de téléspectateurs ont regardé le premier débat télévisé opposant les candidats à l'investiture républicaine jeudi, du jamais vu pour un tel événement. Un record auquel la vedette de téléréalité Donald Trump, qui dominait jusqu'ici ses adversaires républicains dans les sondages, n'est sans doute pas étrangère.

Citant les chiffres fournis par la firme Nielsen, spécialisée en mesure d'auditoire, le réseau Fox News, qui organisait et diffusait le débat à Cleveland, en Ohio, a précisé qu'il s'agissait également de la meilleure performance jamais réalisée par la chaîne d'information, très populaire auprès de l'électorat républicain.

En 2011, le premier débat des primaires républicaines, diffusé sur le même réseau, n'avait rassemblé que quelque 3 millions d'Américains. Sur la vingtaine de joutes oratoires du camp républicain présentées par différents médias pendant la saison des primaires de 2011-2012, aucune n'avait rassemblé plus de 7 millions de personnes.

Ces très nombreux débats de la dernière investiture républicaine ne pouvaient pas compter sur le facteur Donald Trump, figure colorée qui a multiplié les coups de gueule et les gestes d'éclat depuis son entrée dans la course présidentielle, en juin dernier.

C'est par ailleurs lui qui a obtenu le plus grand temps de parole, devant ses neuf rivaux sur scène.

Le spectacle Donald Trump

Jeudi, celui qui a présenté 14 saisons de l'émission à succès The Apprentice s'est montré à la hauteur de sa réputation d'homme direct, qui n'a cure de la langue de bois.

Une démonstration qu'il a refaite dans les heures suivant le débat, en multipliant sur Twitter les insultes, notamment à l'endroit de Meg Kelly, un des trois modérateurs de la joute oratoire, qui l'a interrogé sur les propos sexistes qu'il a tenus par le passé.

En pleine nuit, il a écrit qu'elle avait « vraiment manqué son coup », ajoutant que « les gens se déchaîn[ai]ent sur Twitter ». « Amusant à regarder », a-t-il ajouté.

« J'ai vraiment apprécié le débat ce soir, même si le trio de FoxNew, surtout Megyn Kelly, n'a pas été très bonne ou professionnelle », a-t-il poursuivi dans un message subséquent.

Il a également retweeté les messages hargneux de ses partisans qui se montraient critiques envers l'animatrice. Même pendant le débat, il ne s'est pas gêné pour critiquer son travail, après qu'elle lui eut posé une question qu'il n'a visiblement pas appréciée.

« Vous avez qualifié les femmes que vous n'aimez pas de grosses truies, chiennes, ploucs et animaux dégoûtants », lui a-t-elle rappelé.

Le promoteur immobilier est alors passé à l'attaque.

Refusant de s'excuser ou de se justifier pour ses propos controversés à l'endroit des femmes, il a dit ne pas avoir « de temps à perdre avec la rectitude politique ».

Son attaque frontale à l'endroit de Megyn Kelly pourrait s'avérer risquée, puisqu'elle jouit d'une popularité enviable auprès des téléspectateurs de la chaîne de droite. L'an dernier, le magazine Time l'a même incluse dans sa liste des 100 personnes les plus influentes.

Trump évoque la possibilité de faire campagne contre les républicains

Mais ce n'est pas la seule façon dont le flamboyant candidat s'est démarqué.

Avant même qu'un seul mot soit prononcé par les candidats, Donald Trump a donné le ton dès la première question posée par l'un des trois modérateurs. Bret Baier a demandé quels candidats refusaient de s'engager à ne pas se porter candidat indépendant. Une question visiblement destinée au flamboyant multimilliardaire, qui a déjà brandi la menace d'une candidature à l'extérieur du Parti républicain.

Et Donald Trump, sans gêne, est donc l'unique candidat à avoir levé la main, refusant implicitement de se rallier au vainqueur de la course républicaine.

À l'issue de la soirée, M. Trump a estimé avoir été traité injustement par le réseau.

Habituellement, ce sont les médias de masse jugés « libéraux », comme CNN ou le New York Times, auxquels s'en prennent plusieurs politiciens et partisans républicains, qui dénoncent leur supposé parti-pris pour les démocrates.

Au cours des dernières semaines, Donald Trump a fourni beaucoup de matière aux médias - de tous les horizons politiques. Il a notamment qualifié les immigrés mexicains de « violeurs », lancé que le sénateur John McCain n'était « pas un héros de guerre » parce qu'il avait été capturé et qu'il avait donné en direct le numéro de cellulaire d'un de ses rivaux.

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